La Turquie renforce la sécurité dans les écoles après des fusillades meurtrières
La Turquie a renforcé la sécurité dans les écoles à travers le pays suite aux fusillades meurtrières survenues la semaine dernière dans les provinces du sud-est de Kahramanmaraş et Şanlıurfa, a rapporté l’agence de presse étatique Anadolu.
Selon les nouvelles mesures, des policiers ont été déployés devant les écoles dans les 81 provinces, avec au moins deux agents assignés à chaque établissement et des équipes supplémentaires en alerte pendant les heures de cours. Des contrôles d’accès plus stricts ont également été mis en place, incluant des vérifications d’identité et des rendez-vous obligatoires pour les parents, tandis que certains établissements ont interdit les téléphones portables, montres connectées et tablettes.
Ces mesures visent à réduire les déplacements non contrôlés dans et autour des écoles et à prévenir de nouveaux incidents, ont déclaré les autorités.
Les administrations scolaires ont aussi imposé des règles internes supplémentaires. Dans certains établissements, les élèves doivent porter l’uniforme pour entrer, tandis que les parents n’ont plus le droit d’attendre dans les cours d’école. Les sorties anticipées doivent être coordonnées avec la direction, et les objets apportés de l’extérieur doivent être laissés aux points de contrôle de sécurité plutôt qu’emportés directement en classe.
Ces nouvelles restrictions font suite à une série d’attaques mi-avril qui ont choqué le pays. Le 15 avril, une fusillade au collège Ayser Çalık à Kahramanmaraş a fait neuf élèves et un enseignant morts, ainsi que 13 blessés. La veille, une autre attaque dans la province de Şanlıurfa avait fait 16 blessés.
Dans les deux cas, les assaillants étaient d’anciens ou actuels élèves des établissements et sont également décédés.
L’attaque de Kahramanmaraş, perpétrée par un élève de 14 ans, constitue la première fusillade mortelle dans une école en Turquie et soulève des inquiétudes quant à l’accès aux armes à feu et l’influence des sous-cultures violentes en ligne chez les adolescents.
Ces incidents ont déclenché des manifestations nationales d’enseignants la semaine dernière, des milliers de personnes réclamant des mesures de sécurité renforcées et la démission du ministre de l’Éducation Yusuf Tekin. Les manifestants ont dénoncé une dégradation de la sécurité dans les écoles malgré des avertissements et incidents antérieurs.
Le gouvernement turc a également lancé une vaste opération contre les menaces en ligne liées à ces attaques. Le 17 avril, la police a interpellé au moins 17 personnes dans plusieurs provinces pour des publications menaçant des écoles ou glorifiant la violence. Les autorités ont indiqué que des centaines de comptes sociaux avaient été identifiés et plus de 1 800 adresses internet bloquées.
Dans une enquête distincte annoncée lundi, les procureurs d’Istanbul ont émis des mandats d’arrêt contre 25 suspects, dont 13 mineurs, pour des publications accusées de semer la peur et d’inciter à l’hostilité.




