La Turquie place en détention six militants européens après une visite dans une prison
La Turquie a placé en détention six militants européens venus examiner les conditions carcérales des détenus politiques et a engagé des procédures d’expulsion, a indiqué leur avocat à l’Agence France-Presse vendredi.
Le groupe a été interpellé à Istanbul jeudi après avoir rencontré un collectif juridique connu sous le nom de Bureau des droits du peuple (HHB), a déclaré Naim Eminoğlu, responsable de la branche stambouliote de l’Association des avocats progressistes (CHD), qui les représente.
Eminoğlu a précisé que les six militants venaient d’Italie, de France, d’Espagne, de Belgique et de Russie. Selon lui, la police leur aurait indiqué qu’ils étaient détenus en vue d’une expulsion et aurait confisqué leurs passeports.
Il a ajouté qu’ils avaient été conduits à la direction des migrations sans pouvoir consulter leurs avocats. Le CHD a ultérieurement appris qu’ils étaient transférés à l’aéroport d’Istanbul pour expulsion.
Le HHB, connu pour défendre des personnes considérées comme des opposants politiques, a été à plusieurs reprises pris pour cible par les autorités turques en raison de liens présumés avec le Front de libération populaire révolutionnaire (DHKP-C), un groupe d’extrême gauche classé comme « organisation terroriste » par la Turquie, l’Union européenne et les États-Unis. Le collectif nie ces allégations.
Le HHB a déclaré que ces visiteurs participaient à une mission d’observation centrée sur ce qu’il décrit comme le système carcéral « en fosse » de la Turquie et l’usage de l’isolement pour certains prisonniers politiques. Un membre français du collectif a confirmé ces informations à l’AFP.
La Turquie fait face aux critiques d’organisations de défense des droits concernant des allégations selon lesquelles certains détenus seraient confinés dans de petites cellures avec un accès limité à la lumière naturelle et maintenus à l’isolement – des conditions que les critiques jugent préjudiciables à la santé physique et mentale.
Un parti espagnol, le Parti communiste des peuples d’Espagne (PCPE), a déclaré sur X qu’un de ses membres faisait partie de la délégation interpellée. Le parti a qualifié ces détentions d’arbitraires et les a liées à la mission de surveillance des prisons.
Ces interpellations interviennent le même jour où la police turque a arrêté un journaliste turc travaillant pour la chaîne publique allemande Deutsche Welle. Les procureurs ont indiqué qu’il était détenu pour diffusion de « fausses informations » et « insulte au président ». DW a exigé sa libération immédiate.
© Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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