La Turquie place 63 personnes en garde à vue et arrête 41 individus pour leurs liens présumés avec le mouvement Gülen : annonce du ministre
La police turque a placé en garde à vue 63 personnes et arrêté 41 d’entre elles au cours des deux dernières semaines en raison de leurs liens présumés avec le mouvement Gülen, a annoncé lundi le ministre de l’Intérieur Ali Yerlikaya, selon un rapport du Stockholm Center for Freedom.
Yerlikaya a posté sur X que les suspects avaient été interpellés lors d’opérations policières dans 29 provinces, dont Ankara, Antalya, Istanbul et Izmir. Le ministre a précisé que quatre suspects avaient été libérés sous contrôle judiciaire et que les procédures légales se poursuivaient pour les autres.
FETÖ’ye yönelik 29 ilde Jandarmamız tarafından son 2 haftadır düzenlenen operasyonlarımızda 63 şüpheliyi yakaladık
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FETÖ terör örgütünün « Güncel Yapılanması » içerisinde faaliyet yürüten,
Ankesörlü telefonlarla örgüt içerisinde sorumlu şahıslar ile irtibatta bulunan,… pic.twitter.com/XaU6pTW8gc
— Ali Yerlikaya (@AliYerlikaya) February 9, 2026
Les suspects sont accusés d’avoir apporté un soutien financier au mouvement et d’avoir posté du contenu de propagande sur les réseaux sociaux en sa faveur.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le religieux musulman Fehullah Gülen, depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche.
Qualifiant ces enquêtes de « putsch güleniste » et de complot contre son gouvernement, Erdoğan a commencé à s’en prendre aux membres du mouvement. Il l’a désigné comme une « organisation terroriste » en mai 2016, avant d’intensifier la répression suite à une tentative de coup d’État avortée en juillet de la même année – qu’il a imputée à Gülen.
Les personnes interpellées sont également accusées d’avoir contacté des membres du mouvement via des cabines téléphoniques et d’avoir utilisé ByLock, une application de messagerie cryptée alors disponible sur l’App Store d’Apple et Google Play.
Les fameuses « enquêtes par cabine téléphonique » se basent sur des relevés d’appels. Les procureurs prétendent qu’un membre du mouvement Gülen utilisait une seule cabine pour appeler successivement tous ses contacts. Sur cette base, lorsqu’un présumé membre du mouvement est identifié dans les relevés, les autres numéros appelés juste avant ou après sont automatiquement associés à des personnes liées au mouvement Gülen – sans que le contenu des communications ne soit connu. La présomption de culpabilité repose uniquement sur l’ordre des appels passés.
Les autorités turques considèrent ByLock comme un outil de communication secret entre sympathisants du mouvement Gülen depuis la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, malgré l’absence de preuves liant les messages ByLock à ce putsch avorté.
Bien que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) ait statué à plusieurs reprises que l’utilisation de l’application ByLock ne constitue pas un délit, les interpellations et arrestations se poursuivent en Turquie pour simple usage présumé de cette application.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour leurs liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours incarcérées. Près de 24 000 dossiers sont en cours d’instruction, tandis que 58 000 autres font l’objet d’enquêtes actives près de dix ans après les faits.
Outre les milliers d’emprisonnements, de nombreux autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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