La Turquie a connu l’un des déclins les plus marqués des libertés dans le monde au cours des deux dernières décennies sous la présidence de Recep Tayyip Erdoğan, obtenant le score le plus bas possible pour le droit à une procédure équitable, selon le rapport Freedom in the World 2026 de Freedom House publié jeudi.
Le score global de la Turquie a chuté de 33 points depuis 2005, égalant le déclin enregistré par le Burkina Faso et El Salvador, et c’est le seul pays européen à être classé « Non libre » depuis 2018.
Le rapport documente une érosion plus large des droits politiques et des libertés civiles depuis 2005, avec des déclins concentrés dans les pays classés comme « Partiellement libres », tandis que 54 pays ont connu des reculs au cours de la dernière année.
Le rapport retrace le déclin dramatique du droit à une procédure équitable en Turquie, autrefois classée « Partiellement libre » en 2005, attribuant cette dégradation à la consolidation progressive du pouvoir par le président Erdoğan et à la répression de la dissidence.
Les protections liées à la procédure équitable ont commencé à s’éroder vers 2014, lorsque le gouvernement a réaffecté des milliers de policiers, juges et procureurs. Après une tentative de coup d’État en 2016, les autorités ont engagé des vagues de poursuites sur la base de preuves fragiles ou de témoignages secrets, avec de nombreux accusés détenus pendant de longues périodes avant leur procès.
« Depuis lors, l’emprisonnement des opposants politiques, des journalistes indépendants et des militants est devenu routinier, et la Turquie obtient le pire score possible pour le droit à une procédure équitable », indique le rapport.
Le rapport soulève également l’alarme concernant le cas du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, largement perçu comme le principal rival politique du président Erdoğan, avertissant qu’il est peu probable qu’il bénéficie d’un procès équitable suite à son arrestation en mars 2025 pour ce que le rapport qualifie de « charges douteuses ».
İmamoğlu fait face à des accusations de corruption que ses détracteurs estiment être motivées politiquement et visant à l’écarter avant les élections générales de 2028.
Le rapport exprime également des inquiétudes concernant le traitement des migrants et des réfugiés, notant que les autorités turques ont progressivement supprimé les protections accordées à environ 2,4 millions de réfugiés syriens enregistrés.
Les reculs des libertés fondamentales en Turquie, notamment en matière de liberté de la presse, de libertés numériques et d’état de droit, ont été régulièrement documentés ces dernières années par des observateurs internationaux et des indices mondiaux.
Le rapport Freedom in the World de Freedom House est l’une des évaluations annuelles les plus complètes de la démocratie dans le monde, couvrant 195 pays et 13 territoires.
Cet article est republié depuis le Stockholm Center for Freedom.




