La Turquie interpelle 42 personnes pour aide humanitaire pendant le Ramadan à des familles liées au mouvement Gülen
La police turque a interpellé jeudi 42 personnes, majoritairement des femmes, accusées d’avoir fourni une aide financière pendant le Ramadan à des familles de personnes incarcérées ou renvoyées de leur travail en raison de leurs liens présumés avec le mouvement Gülen, selon le Stockholm Center for Freedom.
Ces interpellations ont été menées lors de raids à l’aube dans six provinces, dans le cadre d’une enquête basée à Manisa sur des aides supposément destinées à des proches du mouvement pendant le mois sacré musulman.
La police aurait enfoncé des portes lors de ces opérations et refusé aux interpellés l’accès à leurs avocats.
Dans une enquête distincte, les forces de l’ordre ont arrêté lundi 19 personnes dans 13 provinces, accusées d’entretenir des liens avec le mouvement Gülen.
Les procureurs avaient émis 20 mandats d’arrêt dans cette affaire, les recherches se poursuivant pour la dernière personne visée.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le prédicateur musulman Fethullah Gülen, depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué ainsi que des membres de sa famille et de son cercle proche. Il a qualifié ces investigations de « complot güleniste » avant de classer le mouvement comme « organisation terroriste » en mai 2016, intensifiant la répression après la tentative de coup d’État de juillet 2016 qu’il attribue à Gülen. Le mouvement nie toute implication dans cette tentative putschiste ou dans des activités terroristes.
Après l’échec du coup d’État, le gouvernement turc a instauré un état d’urgence en vigueur jusqu’au 19 juillet 2018. Durant cette période, Ankara a purgé les institutions publiques sous couvert de lutte anti-putsch via des décrets-lois. Plus de 130 000 fonctionnaires – dont 4 156 juges et procureurs – ainsi que 24 000 militaires ont été limogés sommairement pour « appartenance à une organisation terroriste » présumée, sans contrôle judiciaire ou parlementaire.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 encore incarcérées. Des procédures judiciaires sont en cours contre 24 000 individus, tandis que 58 000 autres font l’objet d’enquêtes près de dix ans après les faits.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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