La Turquie interdit les manifestations dans une province du sud-est frontalière avec la Syrie
Les autorités turques de la province de Mardin, dans le sud-est du pays frontalière avec la Syrie, ont annoncé lundi une interdiction des rassemblements pour six jours suite à un déferlement de colère contre une offensive visant les combattants kurdes de l’autre côté de la frontière.
La communauté kurde de Turquie a dénoncé le soutien du gouvernement à une offensive syrienne contre une région semi-autonome du nord-est sous contrôle kurde.
Lors d’une manifestation contre cette opération la semaine dernière, plus de 1 000 personnes ont tenté de franchir le poste-frontière vers la Syrie depuis la ville de Nusaybin.
L’interdiction des rassemblements à Mardin est en vigueur jusqu’à samedi soir.
“À l’exception des événements jugés appropriés … toute action destinée à être menée dans les espaces publics (rassemblements, marches, conférences de presse, grèves de la faim, sit-in, installation de stands, montage de tentes, distribution de tracts/brochures, affichage de posters/banderoles, etc.) est interdite”, a déclaré le gouvernorat de Mardin dans un communiqué.
Le Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM Parti), pro-kurde, avait appelé à une manifestation mardi à Nusaybin, située face à la ville syrienne de Qamishli.
Cet appel a été lancé malgré le cessez-le-feu actuellement en vigueur dans le nord de la Syrie.
La Turquie avait déjà interdit les rassemblements en extérieur à Diyarbakir, principale ville du sud-est à majorité kurde, entre vendredi et lundi soir.
Le gouvernement turc a engagé un processus de paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit, mais les affrontements dans le nord de la Syrie risquent de compromettre les négociations.
© Agence France-Presse




