La Turquie finalise un accord avec le Royaume-Uni pour des Eurofighter incluant un armement avancé, selon un rapport
L’accord de 10,7 milliards de dollars (8 milliards de livres sterling) conclu par la Turquie pour l’achat de 20 avions de combat Eurofighter Typhoon au Royaume-Uni comprend également un package d’armement complet avec des missiles MBDA Meteor et Brimstone, a indiqué une source proche du dossier à Reuters mercredi.
Signé à Ankara lundi lors de la visite du Premier ministre britannique Keir Starmer, ce contrat marque l’un des plus importants accords de défense entre ces deux alliés de l’OTAN depuis des décennies. Les deux parties affirment que cette vente renforcera les capacités aériennes de la Turquie et approfondira la coopération stratégique, alors qu’Ankara cherche à moderniser son armée de l’air.
Selon la source, le package inclut le missile air-air Meteor de MBDA à très longue portée, un missile air-air courte portée de pointe et le missile de précision air-sol Brimstone.
Starmer a qualifié l’accord de « vraiment significatif », soulignant qu’il représentait des commandes de 8 milliards de livres qui garantiraient des emplois dans l’aérospatiale britannique pendant dix ans. « Ce sont des emplois qui dureront 10 ans, pour fabriquer les Typhoon », a-t-il déclaré après des entretiens avec le président Recep Tayyip Erdoğan.
Le ministère britannique de la Défense avait précédemment décrit cette vente comme « le plus gros contrat d’avions de combat depuis une génération », affirmant qu’il renforcerait la posture défensive de l’OTAN dans une région clé et sécuriserait 20 000 emplois au Royaume-Uni. L’accord inclut également une option pour la Turquie d’acheter des appareils supplémentaires à l’avenir, la première livraison étant attendue en 2030.
Le président Recep Tayyip Erdoğan a salué cet accord comme « un nouveau symbole des relations stratégiques » entre Ankara et Londres, remerciant les autres membres du consortium Eurofighter – l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne – pour leur approche constructive dans le processus d’approbation des exportations.
Le ministre britannique de la Défense John Healey, qui accompagnait Starmer, a déclaré que l’accord « va bien au-delà des avions », le qualifiant de fer de lance d’un partenariat de défense et industriel croissant entre les deux nations.
Cet achat fait suite à des mois de négociations accélérées après que l’Allemagne a levé son veto sur la vente en juillet, imposé en raison de la position de la Turquie sur l’offensive militaire israélienne à Gaza. Les analystes notent que cet accord marque un tournant majeur dans la politique de défense d’Ankara après des années de dépendance au matériel américain.
La Turquie cherchait à moderniser sa flotte aérienne depuis son exclusion du programme américain F-35 Joint Strike Fighter en 2019 en raison de son achat du système de missiles russe S-400.
Une source sécuritaire turque a indiqué à l’Agence France-Presse cette semaine que deux Eurofighter étaient déjà arrivés en Turquie, probablement parmi ceux initialement commandés par le Qatar, qui avait acheté 24 Typhoon en 2017 avant d’en commander 12 supplémentaires. Ankara a également exprimé son intérêt pour l’acquisition de 24 appareils d’occasion supplémentaires auprès du Qatar et d’Oman.
Les analystes estiment que l’inclusion de missiles européens avancés dans le package donnera à l’armée de l’air turque des capacités comparables à celles de puissances régionales comme Israël, qui a mené plusieurs opérations aériennes au Moyen-Orient cette année.
L’accord coïncide avec un réchauffement des relations entre Ankara et les capitales occidentales. Les responsables britanniques ont indiqué que les discussions sur cet achat avaient commencé en 2023 et que l’accord incluait une option pour la Turquie d’acquérir davantage d’appareils au-delà des 20 initiaux.
Malgré l’enthousiasme à Ankara et Londres, certains analystes ont qualifié l’accord de coûteux, bien qu’aucune des parties n’ait divulgué l’ensemble des détails financiers.
La cérémonie de signature s’est déroulée dans un contexte de controverse intérieure en Turquie, où un procureur a inculpé le maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, actuellement en prison, pour « espionnage politique » lié à un homme d’affaires accusé d’espionnage pour le compte du Royaume-Uni.
Aucun des deux gouvernements n’a commenté cette affaire lors de la visite de Starmer.




