La Turquie exigera des numéros de carte d’identité nationale pour l’accès aux réseaux sociaux dans 3 mois
Les Turcs devront fournir leur numéro de carte d’identité nationale pour accéder aux réseaux sociaux d’ici trois mois, a déclaré le ministre de la Justice Akın Gürlek vendredi, marquant une nouvelle extension du contrôle étatique sur la liberté d’expression en ligne dans le pays.
Lors d’un panel à Diyarbakır, Gürlek a affirmé que le gouvernement avait trouvé un accord avec les plateformes sociales pour une vérification d’identité obligatoire, obligeant les utilisateurs à se connecter avec leur numéro d’identité turc. Il a averti que les comptes bots et anonymes seraient fermés s’ils ne se conformaient pas pendant la période de transition.
Les médias turcs rapportent que Gürlek a évoqué une période transitoire d’environ trois mois, précisant : « La connexion via identifiant national sera effective dans environ trois mois ». Cette annonce complète ses déclarations de février évoquant une législation pour éliminer les comptes anonymes, avec un délai maximal de quatre mois pour la transition.
Le dispositif n’est pas encore appliqué. Selon des informations antérieures, cette mesure s’inscrit dans le 12e Paquet de Réformes Judiciaires, devant être mis en œuvre après son adoption par le parlement et son application par l’Autorité des Technologies de l’Information (BTK). Les comptes non vérifiés pourraient alors être restreints.
Cette proposition va plus loin qu’un projet de loi déposé en mars visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, exigeant une vérification d’âge et accordant six mois aux plateformes pour se conformer.
Ce durcissement s’inscrit dans un contexte plus large de régulation numérique : le gouvernement turc bloque déjà 1,2 million de pages web et publications selon l’Association pour la Liberté d’Expression (İFÖD).
Ankara renforce depuis des années son emprise sur les plateformes en ligne via des lois contraignantes : représentation locale obligatoire, suppression de contenus, et restrictions publicitaires en cas de refus. Les défenseurs des droits dénoncent une instrumentalisation de ces mesures pour museler la dissidence et traquer les utilisateurs.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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