La Turquie et 7 pays à majorité musulmane mettent en garde Israël contre un « transfert » des Gazaouis vers l’Égypte
La Turquie et sept autres pays à majorité musulmane ont émis vendredi un avertissement conjoint contre toute initiative israélienne visant à ouvrir le poste-frontière de Rafah à Gaza « dans un seul sens », affirmant rejeter toute mesure conduisant à un déplacement forcé des Palestiniens vers l’Égypte.
Dans la déclaration, les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, de l’Égypte, de la Jordanie, des Émirats arabes unis, de l’Indonésie, de la Turquie, de l’Arabie saoudite et du Qatar ont exprimé leur « profonde inquiétude » face aux déclarations israéliennes sur l’utilisation de Rafah pour transférer des résidents de Gaza vers le territoire égyptien.
Les ministres ont « réaffirmé leur rejet absolu de toute tentative d’expulsion du peuple palestinien de sa terre » et appelé à une « adhésion totale » au plan pour Gaza soutenu par l’ex-président américain Donald Trump. Ils ont souligné que ce plan exige que Rafah reste ouvert dans les deux sens et interdit de contraindre les habitants de Gaza à partir.
La déclaration exhorte plutôt les gouvernements à « créer les conditions nécessaires pour que les Palestiniens puissent rester sur leurs terres et participer à la construction de leur patrie ».
Les ministres ont remercié Trump pour ce qu’ils ont qualifié d’engagement en faveur de la paix régionale, tout en plaidant pour la « mise en œuvre intégrale » de son plan pour Gaza afin de soutenir le cessez-le-feu actuel et la stabilité régionale. Cela inclut, selon eux, le maintien du cessez-le-feu, l’allègement des souffrances civiles, l’« entrée sans restriction de l’aide humanitaire », le lancement de la reconstruction et le retour de l’Autorité palestinienne à son rôle administratif à Gaza.
Israël a justifié son intention d’ouvrir Rafah en invoquant des motifs humanitaires, présentant cette mesure comme une option d’évacuation pour les civils. L’Égypte a démenti tout accord sur un dispositif à sens unique et averti que des mouvements massifs de population vers le Sinaï seraient inacceptables.
Les huit pays ont réitéré leur opposition à « forcer tout résident de la bande de Gaza à quitter son foyer », en s’appuyant sur la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU et d’autres textes internationaux. Ils ont rappelé que l’objectif reste une solution à deux États aboutissant à un État palestinien indépendant « sur les frontières du 4 juin 1967, incluant les territoires occupés de Gaza et de Cisjordanie, avec Jérusalem-Est pour capitale ».




