La Turquie envisage d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans
La Turquie élabore une législation qui interdirait aux enfants de moins de 15 ans d’utiliser les plateformes de réseaux sociaux dans le cadre d’un projet de loi plus large, ont rapporté les médias locaux mardi, citant la ministre de la Famille et des Services sociaux.
S’exprimant après une réunion du Cabinet, Mahinur Özdemir Göktaş a annoncé que le projet de loi serait envoyé à la commission parlementaire compétente d’ici fin janvier.
Selon la réglementation proposée, les entreprises de réseaux sociaux seraient interdites d’offrir des services ou d’autoriser la création de comptes pour les moins de 15 ans et devraient mettre en place des systèmes de filtrage efficaces pour protéger les mineurs des contenus préjudiciables. L’objectif, a-t-elle déclaré, est d’imposer une plus grande responsabilité aux plateformes plutôt que de laisser les familles gérer seules les risques.
Göktaş a indiqué que le gouvernement travaille sur ce sujet depuis environ un an et demi, en consultant des experts, des universitaires, des organisations de la société civile, des familles, des enfants et des représentants des plateformes de réseaux sociaux. Elle a déclaré que les autorités ne peuvent rester passives alors que les plateformes numériques transforment les enfants en cibles commerciales.
La ministre a présenté cette proposition comme faisant partie d’une politique globale de protection de l’enfance, citant des preuves croissantes que l’utilisation des réseaux sociaux contribue à la dépression, à l’anxiété et aux troubles du comportement chez les enfants. Elle a également évoqué des préoccupations sécuritaires, affirmant que les autorités savent que des réseaux criminels utilisent certaines plateformes pour atteindre les mineurs et les pousser vers des activités illégales.
Selon Göktaş, cette réglementation s’inscrit dans un cadre protecteur plus large, garantissant que les enfants puissent bénéficier des technologies numériques sans exposer leur bien-être mental et émotionnel à des risques graves.
« Tout en permettant à nos enfants de bénéficier des plateformes numériques, nous avons l’obligation de protéger leur esprit et leur bien-être émotionnel », a ajouté la ministre.
Elle a également évoqué des initiatives récentes visant à améliorer la sécurité numérique, notamment le lancement le mois dernier du site web et de l’application mobile « Les Enfants en Sécurité ». Cette plateforme regroupe des conseils et des services de contenu sécurisé pour les familles et permet aux utilisateurs de demander une assistance d’urgence en un seul clic. Les autorités surveillent également les contenus en ligne 24h/24 via un groupe de travail dédié.
Göktaş a précisé que les responsables sont intervenus directement sur 2 904 contenus préjudiciables à ce jour, en référant les cas aux tribunaux et en demandant des interdictions d’accès via l’Autorité des technologies de l’information et de la communication (BTK). Elle a ajouté que le gouvernement souhaite que les entreprises de réseaux sociaux agissent de manière proactive plutôt que de répondre uniquement après une intervention judiciaire.
Ce projet de loi fait suite à des efforts antérieurs pour réglementer l’utilisation d’Internet par les enfants en Turquie, notamment le « Service Internet Sécurisé » de 2011, qui visait à protéger les mineurs des contenus en ligne préjudiciables. Les experts ont longtemps critiqué ces mesures comme insuffisantes et ont appelé à des protections plus robustes et efficaces.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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