La Turquie envisage de modifier la loi sur l’exécution des peines pour libérer des condamnés du PKK : rapport
Le parti au pouvoir en Turquie travaille sur une modification de la loi régissant l’exécution des peines qui réduirait le temps de détention obligatoire pour certaines personnes condamnées pour infractions terroristes afin de libérer des milliers de membres présumés du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le cadre de pourparlers de paix renouvelés, a rapporté samedi le quotidien Sözcü.
Citant des sources anonymes, Sözcü décrit le projet comme un « traitement égal dans l’exécution des peines », une expression utilisée en Turquie pour désigner les propositions visant à uniformiser la durée minimale de détention avant une libération conditionnelle. La proposition étendrait aux condamnations pour terrorisme des règles courantes dans les affaires non terroristes, permettant une libération après avoir purgé la moitié de la peine au lieu des trois quarts.
L’éligibilité dépendrait de la dissolution de l’organisation du prisonnier, une condition qui selon le journal permettrait aux condamnés du PKK d’en bénéficier tout en excluant les personnes emprisonnées pour des liens présumés avec le mouvement Gülen ainsi qu’avec d’autres groupes.
L’idée a été discutée au sein de la commission parlementaire créée pour faire avancer les efforts de paix, le Parti pour l’égalité et la démocratie du peuple (DEM Parti) pro-kurde et sa délégation qui visite le dirigeant emprisonné du PKK Abdullah Öcalan ayant précédemment soulevé une telle proposition.
Aucune annonce officielle n’a confirmé le rapport de Sözcü. Le ministère turc de la Justice a publié vendredi un démenti face aux affirmations d’un autre média selon lesquelles le ministère préparait un vaste nouveau plan de libération anticipée, déclarant qu’aucun projet ou travail de ce type n’était en cours.
Le PKK, qui combat l’État turc depuis 1984, a annoncé en mai 2025 sa dissolution dans le cadre de l’initiative de paix suite à un appel d’Öcalan, emprisonné depuis 1999.
Des rapports précédents sur des projets visant à limiter une éventuelle amnistie pour les condamnés du PKK avaient suscité de vives critiques d’experts juridiques et de défenseurs des droits humains, qui affirmaient que limiter les réformes légales aux membres du PKK exposerait davantage l’usage sélectif et politisé de la justice par le gouvernement.
La Turquie est depuis longtemps critiquée pour son application extensive des lois antiterroristes, que les groupes de défense des droits considèrent comme une criminalisation de la dissidence politique. Depuis le coup d’État manqué de 2016, des dizaines de milliers de personnes, dont des journalistes, des militants et des membres de l’opposition, ont été emprisonnées pour des accusations de terrorisme largement perçues comme politiquement motivées.




