La Turquie enregistre une flambée des affaires de blanchiment d’argent, près de 18 000 inculpés
Les tribunaux pénaux turcs traitent un nombre croissant d’affaires de blanchiment d’argent, avec 17 969 personnes inculpées fin 2025, selon des données judiciaires citées par le quotidien BirGün.
Le nombre de dossiers classés comme « blanchiment d’avoirs d’origine criminelle » a atteint 12 629, reflétant la charge totale des tribunaux pénaux. Ces dossiers concernent au total 28 477 infractions présumées, soulignant l’ampleur des délits financiers suspectés.
Les données récentes indiquent une forte augmentation des nouvelles affaires. Un total de 10 145 dossiers de blanchiment ont été ouverts en 2024, tandis que 2 396 affaires ont été reportées à 2025 depuis l’année précédente, alourdissant un arriéré déjà important.
Malgré le grand nombre d’accusés, les procédures judiciaires avancent lentement. En 2025, seuls 2 304 prévenus ont comparu devant un juge, tandis que 424 ont été condamnés pour blanchiment, suscitant des inquiétudes quant au rythme et à l’efficacité des poursuites.
Les critiques estiment que l’écart entre le nombre de suspects et le faible nombre de procès et de condamnations révèle des faiblesses structurelles dans l’application de la loi, confirmant les allégations selon lesquelles la Turquie serait devenue une destination attractive pour les activités financières illicites.
Le bilan de la Turquie en matière de lutte contre le blanchiment fait depuis longtemps l’objet d’un examen minutieux du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme mondial de surveillance du blanchiment et du financement du terrorisme. Le pays a été inscrit sur la « liste grise » du GAFI en 2010, retiré en 2014 après des réformes, puis réinscrit en 2021 pour des lacunes dans la lutte contre la criminalité financière.
Bien que la Turquie ait été retirée de la liste grise en 2024 après avoir achevé un plan d’action, les préoccupations concernant l’application effective persistent.
Pourtant, le ministre des Finances Mehmet Şimşek a récemment affirmé que le pays ne risquait pas d’être réinscrit sur la liste, invoquant une meilleure conformité aux normes internationales et des efforts continus pour renforcer la supervision.
L’année dernière, la Turquie a intensifié sa répression contre les institutions financières et plateformes numériques accusées de faciliter les paris illégaux et le blanchiment de produits criminels dans les secteurs en pleine croissance de la fintech et des jeux en ligne.
Ces derniers mois, les procureurs ont lancé une série d’enquêtes médiatisées révélant l’ampleur des réseaux de paris illégaux, notamment dans le football professionnel, les réseaux sociaux, les systèmes de paiement électronique et les plateformes de monnaie numérique comme Papara, Payfix, IQ Money et PAYCO.




