La Turquie en tête des requêtes pendantes devant la CEDH avec 23 050 dossiers
La Turquie représente 40,6 % de l’ensemble des requêtes en attente devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) fin mai, avec 23 050 affaires dans l’attente d’une décision, selon les derniers chiffres de la Cour.
La Cour de Strasbourg indique que le nombre total de requêtes en attente d’examen par les juges s’élevait à 56 800 au 31 mai. La Turquie arrive en tête parmi les États membres du Conseil de l’Europe, suivie par la Russie avec 6 650 requêtes, la Pologne avec 3 700, l’Ukraine avec 3 400 et l’Italie avec 2 800.
Ces chiffres signifient que plus de quatre requêtes sur dix en attente devant la Cour concernaient la Turquie. La Russie représente 11,7 % du total des dossiers, tandis que la Pologne en compte 6,5 %, l’Ukraine 6 % et l’Italie 4,9 %.
Le nombre de dossiers en attente concernant la Turquie a considérablement augmenté depuis le début de l’année. Les données de la CEDH montrent que 18 450 requêtes relatives à la Turquie étaient pendantes au 1er janvier, représentant 34,5 % du total des dossiers de la Cour à cette date. Fin mai, ce nombre avait augmenté de 4 600.
En 2025, la CEDH a rendu 74 arrêts concernant la Turquie, constatant au moins une violation de la Convention européenne des droits de l’homme dans 66 affaires. La Turquie figurait parmi les pays avec le plus grand nombre d’arrêts constatant des violations cette année-là, après l’Ukraine et la Russie.
La violation la plus fréquemment constatée contre la Turquie en 2025 concernait le droit à un procès équitable, avec 24 arrêts. Venaient ensuite le droit à la liberté et à la sécurité, avec 21 violations.
Parmi les autres violations constatées par la Cour dans des affaires concernant la Turquie figuraient des arrêts relatifs à la durée des procédures, le droit au respect de la vie privée et familiale, l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants et la liberté d’expression.
La CEDH est la juridiction internationale du Conseil de l’Europe qui statue sur les allégations de violations de la Convention européenne des droits de l’homme. La Turquie est partie à la convention depuis 1954 et reconnaît la compétence de la Cour, mais son bilan en matière d’exécution des arrêts de la Cour fait l’objet de critiques croissantes.
Les organisations de défense des droits ont averti que le non-respect par la Turquie des arrêts de la CEDH était devenu une source de préoccupation à part entière. Dans un rapport conjoint publié en juin 2025, Human Rights Watch, la Commission internationale de juristes et le Turkey Human Rights Litigation Support Project ont déclaré que le non-respect par la Turquie des arrêts contraignants de la CEDH avait « atteint un point critique » et constituait une menace pour le système européen des droits de l’homme.
Les groupes ont indiqué qu’en juin 2024, la Turquie n’avait pas exécuté 156 arrêts principaux et 375 affaires répétitives, ce qui en fait le pire État membre du Conseil de l’Europe en termes de conformité. Ils ont cité plusieurs arrêts très médiatisés, notamment ceux concernant le leader de la société civile Osman Kavala, l’ancien dirigeant de l’opposition pro-kurde Selahattin Demirtaş et l’arrêt de la Grande Chambre de la CEDH dans l’affaire Yüksel Yalçınkaya c. Turquie.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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