La Turquie dernière en Europe pour l’accès aux médicaments innovants : rapport
La Turquie arrive dernière parmi 36 pays européens pour l’accès aux médicaments innovants, les patients n’ayant accès qu’à une fraction des nouveaux traitements disponibles ailleurs en Europe, selon un nouveau rapport.
Le rapport, préparé par la société de données de santé IQVIA pour l’Association des entreprises pharmaceutiques basées sur la recherche (AIFD) et la Fédération européenne des industries pharmaceutiques et des associations (EFPIA), examine comment le système turc de fixation des prix et de remboursement affecte l’accès des patients aux médicaments innovants.
S’appuyant sur l’indicateur EFPIA Patients W.A.I.T. (Waiting to Access Innovative Therapies) 2024, qui suit la disponibilité des traitements innovants et le temps d’attente des patients pour y accéder, le rapport examine l’accès à 173 médicaments innovants dans 36 pays européens, dont les 27 États membres de l’Union européenne.
Seuls six des 173 médicaments examinés étaient accessibles en Turquie grâce à un remboursement public intégral, indique le rapport.
Il définit l’accès complet comme l’inclusion d’un médicament sur la liste des remboursements publics.
Les médicaments inclus sur la liste turque des médicaments étrangers et remboursés via ce canal ont été classés comme bénéficiant d’un accès restreint, tandis que les médicaments ne pouvant être achetés que par les patients eux-mêmes ont été classés comme disponibles via un paiement direct.
Lorsque les trois catégories sont considérées ensemble, le taux d’accès global de la Turquie est passé de 21 % en 2021 à 13 % en 2024, plaçant à nouveau le pays dernier parmi ceux examinés.
Pendant ce temps, la moyenne européenne est passée de 43 % dans l’enquête précédente à 46 %, élargissant l’écart entre la Turquie et les autres pays inclus dans l’étude.
Ces résultats interviennent alors que les inquiétudes grandissent quant au fait que la crise économique turque, la baisse du pouvoir d’achat des ménages, les longues procédures d’autorisation et l’exclusion de nombreux traitements de nouvelle génération des remboursements publics rendent plus difficile l’accès des patients à des médicaments vitaux, notamment dans des domaines comme le cancer et les maladies rares.
Le rapport cite également une comparaison distincte des nouveaux médicaments sur ordonnance aux États-Unis et dans 26 pays de l’OCDE, dont la Turquie, couvrant 287 médicaments lancés entre 2018 et 2022.
Selon cette comparaison, 212 des médicaments, soit 74 %, étaient disponibles aux États-Unis, contre 149 (52 %) en Allemagne et 122 (43 %) en Autriche, au Japon et au Royaume-Uni. En Turquie, seuls 12 des médicaments, soit 4 %, étaient disponibles.
La même comparaison montre que les nouveaux médicaments représentaient 12,8 % des dépenses totales en médicaments sur ordonnance aux États-Unis et une moyenne de 6,9 % dans les autres pays examinés, tandis que le taux n’était que de 0,5 % en Turquie.
Le rapport indique que les dépenses de santé actuelles de la Turquie en pourcentage du produit intérieur brut sont passées à 4,6 % en 2020 et 2021 pendant la pandémie de COVID-19, mais sont tombées à 3,7 % en 2022, en dessous de leur niveau d’avant la pandémie. La moyenne de l’OCDE était de 9,2 % en 2022.
Les ventes pharmaceutiques en pourcentage du PIB en Turquie s’élevaient à 0,9 % en 2023, en dessous de la moyenne de l’OCDE, l’écart s’étant creusé ces dernières années, selon le rapport.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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