La Turquie convoque les envoyés russes et ukrainiens après des attaques de drones en mer Noire
La Turquie a convoqué les envoyés russes et ukrainiens après plusieurs attaques de drones en mer Noire revendiquées par Kyiv contre des pétroliers liés à la Russie, a indiqué une source diplomatique turque à l’Agence France-Presse jeudi.
« Nous avons convoqué les envoyés de Russie et d’Ukraine pour exprimer nos préoccupations », a déclaré la source.
Ces développements interviennent après que trois pétroliers avec des liens russes ont signalé des attaques dans ou près des eaux où la Turquie est responsable des opérations de recherche et de sauvetage. Les trois navires se trouvaient en dehors des eaux territoriales turques mais à l’intérieur ou à proximité de sa zone économique exclusive, une bande maritime où les États côtiers disposent de droits spéciaux sur les ressources et la protection de l’environnement.
Fin novembre, des responsables ukrainiens ont déclaré que des drones maritimes avaient frappé deux pétroliers vides, le Kairos et le Virat, en route vers le port russe de Novorossiisk. Les pétroliers étaient décrits comme faisant partie d’une « flotte fantôme » transportant du pétrole russe sous pavillon étranger pour contourner les sanctions occidentales imposées après l’invasion de l’Ukraine par Moscou en 2022.
Lundi, un troisième pétrolier battant pavillon russe, le MIDVOLGA 2, transportant de l’huile de tournesol vers la Géorgie, a signalé une attaque à environ 130 kilomètres au large de la ville turque de Sinop, dans le nord du pays. L’équipage n’a pas été blessé et n’a pas demandé d’assistance, ont déclaré les autorités turques.
La Turquie a condamné ces attaques, que les responsables ukrainiens disent destinées à réduire les revenus pétroliers de la Russie, et non à menacer la Turquie.
Le président Recep Tayyip Erdoğan a qualifié les attaques contre les navires commerciaux dans la zone économique exclusive turque d’« inacceptables » et d’« escalade préoccupante », affirmant qu’Ankara mettait en garde « toutes les parties » impliquées.
Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a soulevé la question avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, lors d’une réunion à Bruxelles cette semaine. Les responsables turcs affirment avoir discuté de la sécurité en mer Noire et des efforts pour mettre fin à la guerre, alors que les risques croissants ont fait augmenter les coûts d’assurance et poussé la compagnie turque Beşiktaş Shipping à suspendre ses opérations liées aux ports russes.
La Turquie est membre de l’OTAN mais maintient des liens étroits en matière d’énergie et de commerce avec la Russie. Elle vend des drones armés à l’Ukraine, a accueilli des négociations entre les délégations russe et ukrainienne et a contribué à la conclusion d’un accord sur les céréales, désormais suspendu, permettant aux exportations ukrainiennes de transiter par un corridor sécurisé en mer Noire vers le Bosphore et les marchés mondiaux.
Les attaques contre les pétroliers ont désormais rapproché le front maritime de la guerre des côtes turques.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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