La Turquie chute à la 124e place de l’indice de perception de la corruption 2025, à égalité avec la Biélorussie et l’Ouzbékistan
La Turquie s’est classée 124e sur 182 pays et territoires dans l’indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International, avec un score de 31 points, en dessous de la moyenne de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale (34) et à égalité avec la Biélorussie, l’Ouzbékistan, Djibouti, la Mongolie et le Niger.
Transparency International, une organisation mondiale de lutte contre la corruption, publie cet indice chaque année comme un baromètre de la perception qu’ont les experts et hommes d’affaires de la corruption dans le secteur public, sur une échelle allant de zéro (très corrompu) à 100 (très intègre).
Le score de la Turquie a chuté de trois points par rapport à l’indice précédent (34). Son classement a reculé alors que des pays ayant des scores similaires ont progressé, tandis que la Turquie rejoignait un groupe d’États affichant 31 points.
Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, le score moyen était de 39, soit huit points de plus que celui de la Turquie.
Transparency International a souligné que les baisses prolongées des scores CPI coïncident souvent avec un affaiblissement des contre-pouvoirs démocratiques, des pressions sur les voix indépendantes et des institutions manquant d’indépendance pour tenir le pouvoir responsable.
La Turquie a chuté de 71 places dans l’indice depuis 2013, lorsqu’elle obtenait 50 points et se classait 53e.
L’étude de Transparency International peut être considérée comme la preuve que le recul de la Turquie a commencé fin 2013, lorsque le pays a été secoué par deux enquêtes pour corruption impliquant l’entourage de l’ancien Premier ministre et actuel président Recep Tayyip Erdoğan.
Le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdoğan a ensuite étouffé le scandale de corruption en parvenant à contrôler le pouvoir judiciaire, créant des tribunaux pénaux spéciaux dirigés par un juge unique grâce à la majorité parlementaire de l’AKP.
Ces juges ont ensuite emprisonné tous les policiers et procureurs ayant mené les enquêtes pour corruption de 2013, tandis qu’Erdoğan et les membres de sa famille impliqués n’ont jamais comparu devant un tribunal.
L’érosion de l’État de droit en Turquie s’est aggravée après le coup d’État manqué de juillet 2016, lorsque plus de 4 000 juges et procureurs ont été limogés sous prétexte de lutte anti-putsch.
Le gouvernement AKP est accusé d’avoir remplacé les membres purgés de l’appareil judiciaire par de jeunes juges et procureurs inexpérimentés ayant des liens étroits avec l’AKP.
Dans un développement confirmant la dégradation de la justice turque, la Turquie s’est classée 117e sur 142 pays dans l’indice de l’État de droit du World Justice Project publié en octobre 2024.
En 2025, la moyenne mondiale CPI est tombée à 42. Le Danemark arrive en tête avec un score de 89, suivi de la Finlande (88) et de Singapour (84), tandis que la Somalie et le Soudan du Sud ferment la marche avec neuf points, selon l’indice.
Transparency International a également pointé du doigt les reculs dans plusieurs démocraties, dont les États-Unis (classés 64e), affirmant que les pressions sur les contrôles et la responsabilité peuvent affaiblir les efforts de lutte contre la corruption.




