La Turquie chute à la 106e place du classement mondial sur la paix et la sécurité des femmes
La Turquie s’est classée 106e sur 183 pays dans l’indice mondial 2025/26 sur la paix et la sécurité des femmes (WPS Index), en recul par rapport à la 99e place lors de l’édition précédente, selon un rapport biennal publié par le Georgetown Institute for Women, Peace and Security (GIWPS) et le Peace Research Institute Oslo (PRIO), rapporte le Stockholm Center for Freedom.
Avec un score global de 0,664, la Turquie se situe bien en dessous de la moyenne des pays développés (0,847) et de la moyenne régionale (0,715) pour son groupe de pairs comprenant l’Europe centrale et orientale et l’Asie centrale.
Publié tous les deux ans depuis 2017, le WPS Index mesure la situation des femmes à travers 13 indicateurs couvrant trois dimensions : inclusion, justice et sécurité. La dimension inclusion évalue les réalisations des femmes en matière d’éducation, d’emploi, de représentation parlementaire et d’accès aux services financiers. La dimension justice couvre la discrimination juridique, l’accès à la justice et la mortalité maternelle. La dimension sécurité examine la sûreté communautaire ainsi que les violences conjugales et politiques.
Dans son groupe régional, la Turquie arrive dernière pour la durée moyenne de scolarisation des femmes (7,9 ans) et la perception de sécurité dans la communauté (seulement 44 % des femmes déclarent se sentir en sécurité en marchant seules la nuit). Elle figure également parmi les derniers pour la représentationentation des femmes au parlement (19,9 %) et la prévalence des violences conjugales (12,1 %).
Dans cette cinquième édition de l’indice, le Danemark arrive en tête avec un score de 0,939, suivi de l’Islande et de la Norvège, tandis que l’Afghanistan occupe la dernière place avec 0,279, précédé par le Yémen et la République centrafricaine dans le trio de queue.
Le rapport alerte que les progrès en matière de droits et de sécurité des femmes stagnent ou reculent dans de nombreuses régions du monde, certains pays et zones précédemment bien classés connaissant désormais des retours en arrière.
Le rapport mentionne également le retrait de la Turquie en 2021 de la Convention d’Istanbul comme faisant partie d’un recul plus large des protections juridiques pour l’égalité des genres, soulignant les inquiétudes quant à l’affaiblissement des garanties contre les violences domestiques.
La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, dite Convention d’Istanbul, est un accord international visant à protéger les droits des femmes et prévenir les violences conjugales. Elle a été ouverte à la signature des États membres du Conseil de l’Europe en 2011.
Depuis ce retrait, les organisations de droits humains signalent une préoccupation croissante face aux violences sexistes en Turquie, tandis que certains alliés politiques du président Recep Tayyip Erdoğan ont appelé à modifier davantage la législation nationale prévoyant des mécanismes de protection pour les femmes à risque.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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