La Turquie arrête 7 personnes pour aide aux familles de détenus liés au mouvement Gülen
La police turque a arrêté mardi sept personnes accusées d’avoir fourni une aide financière aux familles de personnes emprisonnées ou licenciées en raison de leurs liens présumés avec le mouvement Gülen, a rapporté le Stockholm Center for Freedom.
Les interpellations ont eu lieu dans les provinces de Sakarya, Ankara, Kocaeli et Aydın. Trois des détenus ont été placés en détention provisoire par un tribunal, tandis que les quatre autres ont été libérés sous contrôle judiciaire.
Les autorités accusent les suspects d’avoir distribué des aides financières envoyées par des sympathisants du mouvement Gülen à l’étranger aux familles de personnes incarcérées ou renvoyées de leur emploi en raison d’allégations de liens avec le mouvement.
Le président Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué, ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche.
Qualifiant ces enquêtes de « putsch güleniste » et de complot contre son gouvernement, Erdoğan a commencé à s’en prendre aux membres du mouvement. Il l’a désigné comme une « Organisation terroriste » en mai 2016 et a intensifié la répression après une tentative de coup d’État avortée en juillet de la même année, qu’il a attribuée au mouvement Gülen. Ce dernier nie fermement toute implication dans cette tentative ou toute activité terroriste.
Parmi les personnes arrêtées figuraient d’anciens fonctionnaires licenciés par décret-loi ainsi que des proches de détenus condamnés pour des accusations liées au mouvement Gülen.
Après la tentative de coup d’État, le gouvernement turc a instauré un « état d’urgence » en vigueur jusqu’au 19 juillet 2018. Durant cette période, il a mené une purge post-coup de 2016 sous couvert de lutte anti-putsch en promulguant plusieurs décrets-lois. Plus de 130 000 fonctionnaires ont été limogés pour « appartenance à une organisation terroriste » présumée par ces décrets, sans aucun contrôle judiciaire ou parlementaire.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours en prison. Des procédures judiciaires sont en cours contre plus de 24 000 individus, tandis que 58 000 autres font l’objet d’enquêtes près d’une décennie plus tard.
Outre les milliers d’emprisonnements, de nombreux autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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