La Turquie arrête 60 personnes, dont des médecins et des fonctionnaires, pour des liens présumés avec le mouvement Gülen
Les autorités turques ont arrêté mardi 60 personnes, dont des fonctionnaires et des médecins, lors de deux opérations menées dans plusieurs provinces dans le cadre de la répression continue contre le mouvement Gülen, a rapporté le Stockholm Center for Freedom.
Selon la chaîne publique TRT Haber, dans une opération dirigée par le procureur général de Mersin, 43 personnes, dont trois fonctionnaires en poste et 16 anciens fonctionnaires licenciés par décret-loi, ont été arrêtées.
Les arrestations ont eu lieu à Mersin et dans sept autres provinces, dont Istanbul et Ankara.
Les personnes interpellées sont accusées d’avoir apporté un soutien financier aux familles de personnes emprisonnées ou licenciées en raison de leurs liens présumés avec le mouvement. Des procédures judiciaires ont été engagées contre elles après leur arrestation.
Dans une opération distincte menée par la police d’Istanbul, 17 personnes, dont 15 médecins exerçant dans des hôpitaux publics, ont été arrêtées dans 12 provinces.
Les détenus sont accusés d’avoir participé à des activités liées au mouvement Gülen, notamment en prenant part à un réseau présumé de préparation aux examens lié au mouvement pour réussir l’examen de spécialité médicale turc (TUS), en contactant des membres via des cabines téléphoniques et en ayant utilisé par le passé ByLock, une application de messagerie cryptée autrefois disponible sur l’App Store d’Apple et Google Play, que les autorités turques considèrent comme un outil de communication secret pour les sympathisants du mouvement Gülen.
Les soi-disant « enquêtes par cabine téléphonique » se fondent sur des relevés d’appels. Les procureurs affirment qu’un membre du mouvement Gülen aurait utilisé la même cabine pour appeler successivement ses contacts. Sur cette base, lorsqu’un membre présumé du mouvement est identifié dans les relevés, on suppose que les autres numéros appelés juste avant ou après appartiennent également à des personnes liées au mouvement Gülen. Les autorités ne disposent pas du contenu des appels en question.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’en prend aux sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le prédicateur musulman Fethullah Gülen, depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche. Il a qualifié ces enquêtes de complot güleniste et a ensuite désigné le mouvement comme une « organisation terroriste » en mai 2016, intensifiant la répression après une tentative de coup d’État en juillet de la même année qu’il a attribuée à Gülen. Le mouvement nie toute implication dans cette tentative ou dans toute activité terroriste.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours en prison. Des procédures judiciaires sont en cours contre plus de 24 000 personnes, tandis que 58 000 autres font l’objet d’enquêtes actives près d’une décennie plus tard.
En plus des milliers de personnes emprisonnées, de nombreux autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




