La Turquie arrête 324 suspects liés à l’EI dans des opérations à l’échelle nationale
La police turque a arrêté 324 suspects lors d’opérations visant l’État islamique en Irak et au Levant (EI) dans 47 provinces, a annoncé le ministère de l’Intérieur mercredi.
Les raids ont été menés en coordination avec la Direction générale de la sécurité, l’Organisation nationale du renseignement (MİT) et les procureurs généraux de provinces dont Ankara, Istanbul et İzmir, a précisé le ministère.
Parmi les suspects figuraient des personnes recherchées par mandat d’arrêt, des individus accusés d’avoir fourni un soutien financier à l’EI et ceux ayant précédemment opéré au sein du groupe.
Les forces de l’ordre ont également saisi un pistolet, quatre fusils, 122 munitions et des avoirs financiers d’une valeur de 9,67 millions de livres turques (environ 213 000 dollars), selon le ministère. Les autorités ont aussi confisqué des documents organisationnels et du matériel numérique liés au groupe.
Ces opérations interviennent dans un contexte de surveillance accrue des activités de l’EI en Turquie suite à l’attaque du 7 avril devant le consulat général d’Israël à Istanbul, où des assaillants ont ouvert le feu sur des policiers. Deux agents ont été blessés et l’un des attaquants a été tué dans l’échange de tirs.
Les médias turcs ont ensuite identifié l’assaillant abattu comme étant Yunus Emre Sarban, précédemment visé par des mesures antiterroristes pour des liens présumés avec l’EI. Ses avoirs avaient été gelés en 2021, mais les restrictions ont été levées en 2024 après que les autorités ont déclaré que les « soupçons raisonnables » à son encontre avaient été écartés.
Le 20 avril, les autorités turques ont annoncé l’arrestation de 90 suspects supplémentaires ayant des liens présumés avec l’EI lors d’opérations couvrant 24 provinces. Le ministère de l’Intérieur a précisé que les détenus comprenaient des membres présumés du groupe, des financeurs et des individus accusés de propagande.
La Turquie, qui partage une frontière de 900 kilomètres avec la Syrie, a subi plusieurs attaques liées à l’EI au cours de la dernière décennie, dont l’attaque de la discothèque Reina à Istanbul en 2017 qui a fait 39 morts. Les autorités turques mènent régulièrement des raids contre des cellules et facilitateurs présumés de l’EI opérant dans le pays.
Bien que la Turquie ait officiellement désigné l’EI comme une « organisation terroriste » et mène des raids périodiques contre ses cellules, des rapports de renseignement et des affaires judiciaires antérieures ont montré que des financeurs et facilitateurs de l’EI ont opéré depuis des villes turques, notamment le long de la frontière sud.
Des députés de l’opposition ont précédemment accusé le gouvernement de ne pas avoir su empêcher ou correctement enquêter sur la présence de militants de l’EI en Turquie.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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