La Turquie arrête 288 personnes dans une opération visant les ventes de drogue de rue
Les autorités turques ont arrêté 288 personnes dans une opération antidrogue couvrant 23 provinces et coordonnée depuis Diyarbakır, ont déclaré des responsables jeudi, décrivant des raids ciblant des ventes de drogue présumées au niveau de la rue alors que les procédures policières étaient toujours en cours.
L’opération a été lancée sous la coordination du procureur général de Diyarbakır et visait des personnes suspectées de ventes de drogue au détail, que les autorités décrivent comme impliquant la vente directe de stupéfiants aux consommateurs, y compris des jeunes.
Le ministre de la Justice Akın Gürlek avait annoncé plus tôt que des mandats d’arrêt avaient été émis contre 405 suspects. Le vice-ministre de l’Intérieur Ali Çelik a ensuite déclaré lors d’une conférence de presse à Diyarbakır que 288 personnes avaient été arrêtées et que les procédures policières se poursuivaient.
Çelik a indiqué que 2 670 policiers avaient participé à l’opération, soutenue également par un hélicoptère, des drones et quatre chiens spécialisés.
Il a précisé que les antécédents des suspects incluaient non seulement du trafic de drogue mais aussi environ 3 075 autres infractions présumées, dont des blessures volontaires, des menaces, des insultes, des dégradations de biens et des vols.
Çelik a affirmé que les autorités menaient des opérations antidrogue en mettant particulièrement l’accent sur la protection des jeunes et des enfants, ajoutant que les interventions se poursuivraient autour des écoles, des quartiers et des rues.
La Turquie fait face depuis quelques années à des inquiétudes croissantes concernant l’ampleur du trafic de drogue et de la consommation domestique, notamment avec la prolifération des substances synthétiques.
Selon un rapport de 2025 de la police turque, le pays a évolué d’un rôle traditionnel de corridor pour les drogues illégales vers une position de marché de destination et de plaque tournante de production. Le rapport indique que les trafiquants utilisent de plus en plus le territoire non seulement pour transiter des drogues mais aussi pour les transformer et les fabriquer.
Le document recense 49 laboratoires de méthamphétamine découverts entre 2022 et 2024, dont 44 situés à Istanbul seulement. Les autorités ont également identifié plus de 10 usines clandestines de comprimés pharmaceutiques et deux sites de production de Captagon dans des provinces frontalières.
Les décès liés à la drogue ont augmenté de 42 % pour atteindre 427 en 2024, les cannabinoïdes synthétiques et la méthamphétamine étant les substances les plus fréquemment détectées dans les cas mortels, selon le rapport. Six de ces décès concernaient des jeunes de 15 à 18 ans.
Les données douanières publiées par le ministère du Commerce en mars montrent également une forte hausse des saisies aux frontières turques. Les unités douanières ont saisi plus de 33 tonnes de drogues en 2025, soit une augmentation de 38 % par rapport à l’année précédente, pour une valeur marchande estimée entre 44 et 45 milliards de livres turques (1,02 milliard de dollars).
Ces chiffres ne concernent que les drogues saisies lors d’opérations douanières et frontalières et n’incluent pas les confiscations réalisées à l’intérieur du pays par la police, la gendarmerie ou les garde-côtes.
La Turquie a longtemps été considérée comme une voie de transit clé pour les drogues en provenance d’Afghanistan et d’autres régions vers l’Europe, mais les récentes données policières et douanières suggèrent que le pays fait également face à un problème croissant de consommation intérieure. Les drogues synthétiques, notamment la méthamphétamine, les cannabinoïdes synthétiques et les comprimés pharmaceutiques illégaux, figurent en bonne place dans les saisies et enquêtes récentes.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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