La Turquie arrête 24 personnes dont sept fonctionnaires pour leurs prétendus liens avec le mouvement Gülen
Les autorités turques ont arrêté 24 personnes, dont sept fonctionnaires, lors de raids coordonnés dans 11 provinces ce lundi en raison de leurs prétendus liens avec le mouvement religieux Gülen, a rapporté le Stockholm Center for Freedom.
Les opérations ont été menées par la police antiterroriste sous la direction des procureurs de la province occidentale d’İzmir.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le regretté prédicateur musulman Fethullah Gülen, depuis que les enquêtes pour corruption de décembre 2013 l’ont impliqué ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche. Il a qualifié ces investigations de complot güleniste et a ensuite désigné le mouvement comme une « organisation terroriste » en mai 2016, intensifiant la répression après la tentative de coup d’État de juillet de la même année qu’il a attribuée à Gülen. Le mouvement nie toute implication dans cette tentative de putsch ou dans toute activité terroriste.
Les autorités accusent les personnes arrêtées d’avoir maintenu des liens avec le mouvement par l’utilisation présumée de l’application de messagerie cryptée ByLock, des transactions financières liées à des réseaux affiliés au mouvement Gülen et des contacts avec d’autres membres présumés du groupe.
Les autorités turques considèrent ByLock comme un outil secret de communication entre les sympathisants du mouvement Gülen depuis la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, malgré l’absence de preuves que les messages ByLock étaient liés à ce putsch avorté.
Bien que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) ait clairement indiqué dans de nombreux cas que l’utilisation de l’application ByLock ne constitue pas une infraction pénale, les arrestations et détentions de personnes se poursuivent en Turquie pour leur utilisation présumée de cette application.
Les opérations policières ont été menées simultanément dans des villes comme Istanbul, Ankara, Izmir et Gaziantep.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour leurs prétendus liens avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours en prison. Des procédures judiciaires sont en cours pour plus de 24 000 individus, tandis que 58 000 autres font toujours l’objet d’enquêtes actives près d’une décennie plus tard.
En plus des milliers de personnes emprisonnées, de nombreux autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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