La Turquie arrête 22 personnes de la municipalité de Şile à Istanbul dans le cadre de la répression contre l’opposition
La police turque a arrêté 22 personnes dans une municipalité d’Istanbul dirigée par le Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition, dans le cadre d’une enquête pour corruption et d’une vaste répression contre ce parti, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant des médias turcs.
Le procureur général d’Anadolu à Istanbul, compétent pour certaines zones de la rive asiatique d’Istanbul, a déclaré que l’enquête visant la municipalité de Şile portait sur des accusations de formation d’une organisation criminelle, d’abus de fonction pour gain personnel, de corruption et de truquage d’appels d’offres publics.
Les procureurs ont indiqué que les mandats d’arrêt avaient été émis sur la base de témoignages de suspects et de témoins, de documents présumés liés à des pots-de-vin, d’examens forensiques préliminaires de téléphones portables, d’enregistrements de trafic téléphonique montrant des contacts et localisations, ainsi que d’analyses des transactions financières des suspects.
Ces dernières arrestations font suite à celle du maire de Şile, Özgür Kabadayı, placé en garde à vue le 10 juillet puis arrêté le 14 juillet. Quatre hauts responsables municipaux ont également été arrêtés dans le cadre de la même enquête.
Le ministère turc de l’Intérieur a annoncé le 16 juillet que Kabadayı avait été temporairement suspendu de ses fonctions, une mesure administrative standard appliquée aux élus arrêtés dans le cadre d’une enquête.
Les procureurs ont demandé l’arrestation de Kabadayı pour des accusations de pots-de-vin en échange d’autorisations d’urbanisme et de permis de construire, un domaine clé de compétence des municipalités turques.
Özgür Çelik, président provincial du CHP à Istanbul, a affirmé que l’enquête était basée sur des ouï-dire, tandis qu’Ali Mahir Başarır, vice-président du groupe parlementaire du CHP, a accusé les autorités d’arrêter des responsables pour influencer l’opinion publique avant de chercher des preuves pour justifier ces arrestations.
Cette affaire intervient dans un contexte d’intensification des campagnes visant les municipalités dirigées par l’opposition en Turquie. Depuis octobre 2024, 16 maires du CHP ont été emprisonnés et des administrateurs ont été nommés pour gérer 13 municipalités, dont les districts stambouliotes d’Esenyurt et Şişli.
Cette répression a attiré davantage l’attention après l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, figure la plus en vue du CHP. İmamoğlu, arrêté le 19 mars provoquant des protestations nationales, a ensuite été incarcéré dans le cadre d’une enquête pour corruption avant d’être suspendu par le ministère de l’Intérieur.
Le mois dernier, les procureurs ont déposé un acte d’accusation de près de 4 000 pages accusant İmamoğlu de diriger une organisation criminelle et d’avoir commis 142 infractions, des charges pouvant entraîner une peine cumulée allant jusqu’à 2 430 ans de prison. Les accusations incluent corruption, détournement de fonds, blanchiment d’argent, extorsion et truquage d’appels d’offres. İmamoğlu a fermement nié toutes ces accusations.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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