La Turquie arrête 182 personnes dans des opérations récentes pour des liens présumés avec le mouvement Gülen
Les autorités turques ont arrêté 182 des 298 personnes interpellées lors d’opérations nationales ces deux dernières semaines pour des liens présumés avec le mouvement Gülen, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant des déclarations officielles.
Dans un communiqué publié mardi, le ministère de l’Intérieur a indiqué que 298 personnes avaient été interpellées lors d’opérations menées dans 38 provinces. Parmi elles, 182 ont été arrêtées et 75 libérées sous contrôle judiciaire, tandis que les procédures se poursuivent pour les autres détenus.
Les interpellés sont accusés d’avoir mené des activités liées au mouvement Gülen, notamment en aidant des familles de personnes emprisonnées pour des liens présumés avec le mouvement, en partageant des publications sur les réseaux sociaux jugées favorables par les autorités, ou en utilisant l’application de messagerie chiffrée ByLock. Cette application, autrefois disponible sur l’App Store d’Apple et Google Play, est présentée par les autorités turques comme un outil de communication secret pour les sympathisants du mouvement Gülen.
Ces arrestations s’inscrivent dans une campagne gouvernementale de plusieurs années contre le mouvement Gülen, désigné comme une « organisation terroriste » par les autorités.
La campagne du président Recep Tayyip Erdoğan contre le mouvement a débuté après que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 ont impliqué lui-même ainsi que des membres de sa famille et de son cercle proche. Il a qualifié ces révélations de complot, désignant officiellement le mouvement comme une « organisation terroriste » en mai 2016.
Suite à une tentative de coup d’État le 15 juillet 2016, alors Premier ministre Erdoğan a immédiatement accusé le mouvement Gülen, inspiré par le religieux basé aux États-Unis Fethullah Gülen, d’avoir orchestré le putsch. Cela a conduit à une intensification sans précédent de la répression contre les sympathisants du mouvement. Ce dernier dément fermement toute implication dans la tentative de coup d’État ou dans des activités terroristes.
Les soi-disant « enquêtes par cabine téléphonique » se basent sur des relevés d’appels. Les procureurs affirment qu’un membre du mouvement Gülen aurait utilisé une seule cabine téléphonique pour appeler successivement tous ses contacts. Selon cette hypothèse, lorsqu’un présumé membre du mouvement est identifié dans les relevés, on suppose que les autres numéros appelés juste avant ou après appartiennent également à des personnes liées au mouvement Gülen. Les autorités ne disposent pas du contenu des appels en question. La présomption de culpabilité repose uniquement sur l’ordre des appels passés depuis cette cabine.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours en prison. Des procédures judiciaires sont en cours contre plus de 24 000 individus, tandis qu’environ 58 000 autres font l’objet d’enquêtes actives près d’une décennie plus tard.
Outre les milliers d’emprisonnements, de nombreux sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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