La Turquie amorce les premières étapes juridiques vers la paix avec le PKK tandis qu’un dirigeant kurde appelle à des gestes de confiance
La Turquie envisage une loi temporaire pour gérer la prochaine phase d’un effort de paix renouvelé avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon des médias turcs mercredi, tandis que le vétéran de la politique kurde Ahmet Türk affirme que le processus nécessite des gestes visibles pour bâtir la confiance.
Le PKK, que la Turquie et ses alliés occidentaux désignent comme une organisation terroriste, combat l’État turc depuis 1984 dans un conflit ayant fait plus de 40 000 morts. Une commission parlementaire a approuvé la semaine dernière une feuille de route liant les modifications juridiques au dépôt des armes et à la dissolution du groupe.
Ankara n’envisage pas une amnistie générale. Elle étudie un cadre juridique limité et progressif, conditionné à la vérification de la remise des armes.
Selon les médias turcs, la première étape consisterait en une loi temporaire spécifique à ce processus. Une phase ultérieure pourrait inclure des modifications sur la façon dont les tribunaux définissent l’appartenance à un groupe armé et les conditions pour bénéficier de peines réduites ou d’une réintégration supervisée.
Le « repentir effectif », qui renvoie aux dispositions légales turques permettant de réduire les peines pour les suspects ou condamnés coopérant avec les autorités, quittant un groupe armé ou fournissant des informations selon les cas, sera élargi ou révisé pour inclure les personnes non accusées de crimes violents.

Ahmet Türk, figure historique de la politique kurde et ancien maire élu de Mardin destitué et remplacé par un administrateur étatique, a déclaré que les récentes déclarations du leader du Parti d’action nationaliste (MHP) Devlet Bahçeli sur une éventuelle libération du fondateur emprisonné du PKK Abdullah Öcalan étaient importantes mais insuffisantes. Türk a affirmé à la BBC Turquie que l’opinion publique attend désormais des actes concrets et a mis en garde contre une méfiance croissante en l’absence de gestes visibles.
Türk a plaidé pour des mesures de confiance précoces, évoquant notamment la pratique gouvernementale de remplacer les maires kurdes élus par des administrateurs et les procès visant le politicien kurde emprisonné Selahattin Demirtaş. Il a aussi souligné que les avancées juridiques devaient accompagner un dépôt d’armes vérifié, montrant que les acteurs politiques kurdes privilégient eux aussi une approche progressive plutôt que des concessions immédiates et inconditionnelles.
Türk s’est également exprimé sur le débat grandissant autour d’Öcalan, le fondateur du PKK emprisonné sur l’île d’İmralı depuis 1999. Après que Bahçeli a soulevé des questions sur le « statut » juridique d’Öcalan, Türk a interprété ces remarques comme une ouverture sur les conditions de détention et la communication, pas nécessairement sur une libération. Selon lui, un élargissement des contacts d’Öcalan avec le monde extérieur pourrait favoriser un règlement durable.




