La Turquie affirme que le Hamas est prêt à renoncer au pouvoir à Gaza si une nouvelle force prend le relais et pousse pour rejoindre les troupes de paix
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a profité d’une conférence de haut niveau au Qatar ce samedi pour présenter un plan prévoyant que le Hamas se retire de la gestion de Gaza en échange d’une nouvelle administration palestinienne, d’une force policière fraîche et d’une mission de paix internationale à laquelle la Turquie souhaite participer.
S’exprimant auprès de Reuters en marge du Forum de Doha, Fidan a déclaré que le Hamas était prêt à céder la gouvernance de Gaza, mais seulement après la mise en place d’une administration civile palestinienne « crédible » et d’une force policière vérifiée.
Il a affirmé qu’il était « ni réaliste ni réalisable » d’exiger que le Hamas abandonne ses armes dans la première phase du plan de cessez-le-feu actuel sans ces institutions.
Fidan a expliqué que la force policière proposée n’inclurait pas de membres du Hamas et serait soutenue par la Force internationale de stabilisation (FIS), qui se déploierait à l’intérieur de Gaza. Il a indiqué que les États-Unis pressaient Israël d’accepter la Turquie comme membre de cette force.
Le Forum de Doha est une réunion annuelle au Qatar qui rassemble chefs de gouvernement, ministres et experts pour discuter des conflits et des politiques mondiales. Cette année, une grande partie de l’attention est portée sur le cessez-le-feu à Gaza parrainé par les États-Unis et sur un plan de paix plus large visant à passer d’une pause fragile des combats à un arrêt permanent de l’offensive israélienne et à la reconstruction du territoire.
Le Premier ministre qatari a qualifié la situation de « moment critique », avertissant que la phase actuelle n’est encore qu’une trêve partielle, avec des forces israéliennes à l’intérieur de Gaza et des violences persistantes sur le terrain. Plus de 70 000 Palestiniens ont été tués depuis le lancement de la campagne israélienne en 2023, selon le ministère de la Santé de Gaza, et Israël fait face à des accusations de génocide devant la Cour internationale de Justice.
Fidan a profité de sa session publique au forum pour signifier qu’Ankara souhaite passer de la rhétorique à une implication directe dans la mise en œuvre du plan.
Il a déclaré que la Turquie était prête à « faire tout ce qui est nécessaire » pour soutenir les efforts de paix, lorsqu’on lui a demandé si Ankara enverrait des troupes dans le cadre d’une mission à Gaza.
Fidan a évoqué des discussions approfondies sur la force de stabilisation proposée, portant sur son déploiement, ses règles et les États susceptibles de fournir des troupes. « Des milliers de détails, de questions sont en jeu », a-t-il été cité comme disant dans les médias régionaux.
Il a soutenu que la première tâche d’une telle force devrait être de séparer Palestiniens et Israéliens le long de la frontière, avant d’aborder d’autres questions. Il a ajouté que la force aurait besoin d’un contingent policier palestinien formé et d’administrations locales à Gaza pouvant former ce qu’il a appelé un « comité de paix ».
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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