La Turquie a placé 99 mineurs en détention lors de manifestations liées à l’offensive en Syrie, selon un parti pro-kurde
Le principal parti pro-kurde de Turquie a déclaré jeudi que la police avait arrêté au moins 99 mineurs en janvier lors de manifestations liées à une offensive du gouvernement syrien contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, appelant à une enquête parlementaire.
Dans une pétition adressée à la Commission d’enquête sur les droits de l’homme du parlement, huit députés du Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (Parti DEM) ont déclaré qu’au moins 99 mineurs avaient été interpellés dans le cadre de ces manifestations. Le parti a indiqué que 25 d’entre eux avaient été placés en détention provisoire par un tribunal.
Le Parti DEM a affirmé que des procureurs avaient ouvert des enquêtes pour suspicion de « diffusion de propagande d’une organisation terroriste » dans des publications sur les réseaux sociaux que le parti estime devoir être protégées par les règles de liberté d’expression.
Le parti a cité le cas d’un adolescent de 16 ans interpellé à İzmir pour une vidéo de coiffure en tresse et une chanson publiée en ligne. Le Parti DEM a déclaré que le mineur avait subi une fouille intégrale dans les centres de détention pour mineurs de la ville.
La coiffure en tresse est devenue un geste symbolique de solidarité avec les Kurdes syriens le mois dernier alors que Damas menait une offensive dans le nord-est de la Syrie pour réaffirmer son autorité, déclenchant des protestations parmi les Kurdes de Turquie.
Pendant l’opération en Syrie, les réseaux sociaux ont diffusé des vidéos de femmes se tressant les cheveux en réponse à une séquence montrant un soldat syrien brandissant une tresse qu’il prétendait avoir coupée à une combattante kurde, une affirmation qui n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Les autorités turques ont répondu par une répression contre ces publications.
Le Parti DEM a allégué que certains mineurs s’étaient vu refuser l’accès à un avocat pendant 24 heures, avaient subi des violences physiques lors de leur détention, avaient été interrogés sans représentation légale et avaient été contraints de signer des documents. Il a également affirmé que certains avaient subi des fouilles intégrales à leur arrivée dans les centres de détention, avaient été insultés et s’étaient fait couper les cheveux sans leur consentement.
Dans la ville de Kocaeli, au nord-ouest, une infirmière a été interpellée pour diffusion de « propagande terroriste » avant d’être libérée sous contrôle judiciaire.
Amedspor, un club de football de la ville majoritairement kurde de Diyarbakır, a été condamné à une amende de 802 500 livres turques (environ 18 500 dollars) pour « propagande idéologique » après avoir publié une vidéo de 20 secondes montrant une coiffure en tresse sur ses comptes sociaux. La Fédération turque de football a également infligé une suspension de 15 jours de toute activité footballistique au président du club.
© Agence France-Presse




