Cet article est republié depuis le Stockholm Center for Freedom.
La Turquie a intensifié la répression des droits et l’impunité en 2025 selon Amnesty International
La Turquie a connu une aggravation des restrictions des droits humains, des poursuites accrues contre les défenseurs des droits, une pression politique grandissante sur le pouvoir judiciaire et une culture d’impunité pour les abus en 2025, selon un nouveau rapport d’Amnesty International.
Le document recense un nombre croissant d’enquêtes, de poursuites et de condamnations visant des personnes et groupes exerçant leur droit à la liberté d’expression et d’association, notamment le Barreau d’Istanbul, les collaborateurs du magazine satirique LeMan, le chanteur Mabel Matiz, l’activiste Enes Hocaoğulları et des ONG comme l’Association de surveillance des migrations et la Jeune Association LGBTI+.
Le rapport dénonce des restrictions arbitraires des droits de réunion pacifique et d’association, citant les interventions policières contre les manifestations du 1er mai, de la Journée internationale des femmes et des Marches des fiertés, avec usage d’armes moins létales ayant causé de nombreuses blessures.
Amnesty relève aussi l’intensification des violations du droit à un procès équitable, avec des enquêtes, poursuites et condamnations infondées contre des défenseurs des droits, tandis que les autorités continuent d’ignorer les décisions contraignantes de la Cour constitutionnelle turque et de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
Le rapport cite l’emprisonnement prolongé de l’ancien dirigeant pro-kurde du HDP Selahattin Demirtaş et du philanthrope Osman Kavala comme exemples marquants.
Amnesty pointe également une répression accrue de l’opposition politique, notamment du CHP, à travers des enquêtes et poursuites visant ses maires et responsables, dont le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu.
İmamoğlu, considéré comme le principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, a été arrêté le 19 mars puis placé en détention provisoire pour corruption dans une affaire qualifiée de politique par les observateurs internationaux, visant à l’écarter avant les élections de 2028.
Les violences contre les femmes restent préoccupantes en Turquie, avec au moins 294 femmes tuées par des hommes et 297 autres décès suspects en 2025.
Le discours discriminatoire des hauts responsables alimente les stéréotypes de genre et la LGBTphobie, tandis qu’Amnesty décrit 2025 comme une année d' »assaut sans précédent » contre les droits des personnes LGBTI+, avec trois projets de loi restrictifs proposés mais non soumis au parlement.
Les réfugiés et migrants risquent toujours des renvois illégaux et des rejets arbitraires de protection internationale, le rapport mentionnant la disparition de deux militants turkmènes détenus dans un centre d’expulsion.
Les victimes de violations des droits par l’État font face à une culture d’impunité, les allégations de torture lors des manifestations de mars et après les séismes de 2023 n’ayant pas fait l’objet d’enquêtes efficaces.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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