La population carcérale dépasse 434 000 personnes : un taux d’occupation de 143 %
Les points importants
- Capacité saturée : plus de 434 000 personnes incarcérées pour un taux d’occupation de 143 %.
- Détentions en hausse : 1 106 placements en détention provisoire supplémentaires en un mois, soit 71 799 au total.
- Enfants et droit : 4 949 enfants sont incarcérés, alors que la détention provisoire n’est pas une peine mais une mesure temporaire.
Le taux d’occupation des prisons turques a atteint un niveau dramatique. Les données sur les capacités carcérales remettent une nouvelle fois sur le tapis la détention provisoire, l’une des questions les plus brûlantes du système judiciaire. Au 1er octobre 2026, le nombre de détenus provisoires en Turquie approchait les 72 000.
Les arrestations, qualifiées de « chasse aux sorcières » par l’opposition, ont laissé les prisons sans une place de libre. Parmi les détenus provisoires et condamnés figurent des personnes qui attendent depuis longtemps leur acte d’accusation ainsi que des maires de municipalités d’opposition : leur nombre dépasse désormais ce que les prisons peuvent absorber.
UN MILLIER DE PLACES EN DÉTENTION EN UN MOIS
Selon les données du ministère de la Justice, 1 106 personnes supplémentaires ont été placées en détention provisoire entre le 1er septembre et le 1er octobre 2026. Le nombre de détenus provisoires, qui s’élevait à 70 693 en septembre 2026, est passé à 71 799 en octobre 2026.
Selon la Direction générale des prisons et des maisons d’arrêt, la population carcérale totale atteint 434 337 personnes. Outre les 71 799 personnes en détention provisoire, 362 538 condamnés sont incarcérés.
DES ENFANTS PAR MILLIERS
Le nombre d’enfants parmi les détenus provisoires et les condamnés a également été communiqué. Ce chiffre, qui renvoie la Turquie à la réalité des enfants entraînés dans la délinquance, est accablant : au 1er octobre 2026, 4 949 enfants sont en prison, condamnés ou en détention provisoire.
SELON LE CODE DE PROCÉDURE PÉNALE, CE N’EST PAS UNE PEINE
La détention provisoire est définie à l’article 102 du Code de procédure pénale. Le code précise qu’elle ne peut être ordonnée qu’en présence d’un soupçon sérieux d’infraction et d’un risque de fuite ou de destruction des preuves : « La détention provisoire n’est pas une peine, mais une mesure de protection provisoire. »
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