La police turque arrête des dizaines de personnes lors de la Gay Pride d’İstanbul
Les points importants
- Répression policière : au moins 50 personnes interpellées, dont une journaliste, lors de la Gay Pride à İstanbul.
- Interdiction systématique : depuis 2015, la marche est quasi systématiquement interdite, dans le sillage de l’« état d’urgence » instauré après le putsch avorté.
- Contexte autoritaire : cette répression s’inscrit dans la même logique que la purge post-coup de 2016 visant le mouvement Gülen.
La police turque a arrêté dimanche au moins 50 personnes, dont une journaliste, lors d’un rassemblement de la Gay Pride à İstanbul qui s’est tenu malgré l’interdiction des autorités locales et le bouclage du principal point de rassemblement de la ville, ont indiqué les organisateurs.
Les forces de l’ordre ont renforcé la sécurité autour de l’emblématique place Taksim, érigeant des barrières en fer, tandis que les autorités locales ont interdit les manifestations dans les principaux lieux de rassemblement, y compris le quartier de Kadıköy, côté asiatique. Le bureau du gouverneur a également restreint le transport en métro dans plusieurs zones centrales.
Le Syndicat des journalistes turcs a indiqué que l’une des personnes arrêtées était Müberra Ünsal, titulaire d’une carte de presse en règle.
« Les journalistes qui couvraient la marche des fiertés d’İstanbul ont été confrontés à une ingérence illégale cette année encore. Bien qu’elle se soit présentée à plusieurs reprises comme journaliste, Ünsal a également été placée en garde à vue », a déclaré le syndicat sur X.
Les manifestants LGBT, qui se sont rassemblés dans plusieurs quartiers de la ville, ont promis de poursuivre leurs démonstrations.
« Mon amour, aujourd’hui n’est pas fini. En fait, nous ne faisons que commencer. Nous n’abandonnons pas. Nous continuerons à descendre dans la rue depuis tous les coins où nous sommes », ont scandé les manifestants.
Le Barreau d’İstanbul a déployé une grande banderole depuis son immeuble sur l’avenue İstiklal, proclamant : « Les droits LGBT sont des droits humains. »
L’homosexualité n’est pas illégale en Turquie, mais la communauté LGBT est fréquemment ciblée par le président Recep Tayyip Erdoğan, qui lui attribue la baisse du taux de natalité.
Depuis 2015, la marche annuelle des fiertés est presque systématiquement interdite et réprimée, dans un climat de plus en plus autoritaire renforcé par la purge post-coup de 2016.
Par ailleurs, les autorités turques ont ordonné samedi la fermeture d’un bar gay d’İstanbul pour des infractions non spécifiées, à la suite de protestations de groupes islamistes contre son propriétaire.
Cette fermeture fait suite à une campagne de groupes islamistes sur les réseaux sociaux contre une croisière en bateau destinée aux voyageurs LGBT. Ils affirmaient que la partie turque du programme était organisée par Mustafa Doğan Yılmaz, le propriétaire du bar.
Le navire devait accoster à İstanbul le 8 juillet.
Le quotidien pro-gouvernemental Yeni Şafak a rapporté que l’opérateur de la croisière avait décidé d’annuler son escale à İstanbul.
© Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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