La détention d’un journaliste français lors d’une manifestation à Istanbul suscite l’indignation
Un journaliste français arrêté alors qu’il couvrait une manifestation pro-kurde à Istanbul est resté en garde à vue mardi, provoquant un tollé croissant pour sa libération, y compris du gouvernement français.
Raphael Boukandoura, qui travaille pour diverses publications françaises, dont les grands médias Libération et Courrier International, a été interpellé lundi soir lors d’une manifestation contre une opération militaire visant les combattants kurdes dans le nord de la Syrie.
Boukandoura vit en Turquie depuis au moins dix ans et possède une carte de presse officielle.
Dans un communiqué à l’Agence France-Presse, le ministère français des Affaires étrangères a déclaré espérer que Boukandoura serait « libéré le plus rapidement possible », indiquant que ses diplomates en Turquie « suivaient de près la situation ».
Lors de la manifestation, organisée par le Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM Parti), pro-kurde, les responsables du parti ont appelé à « un arrêt immédiat des attaques » et à la protection des civils dans le nord-est de la Syrie.
La police a dispersé la manifestation, arrêtant 10 personnes, dont Boukandoura.
Il y a deux semaines, les troupes gouvernementales syriennes ont lancé une offensive contre les forces dirigées par les Kurdes – une opération publiquement saluée par la Turquie, malgré ses propres efforts pour poursuivre un processus de paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit.
Selon le groupe de défense des droits MLSA, Boukandoura a déclaré à la police qu’il était présent strictement en tant que journaliste et qu’il couvrait la manifestation pour le quotidien français Libération.
Erol Önderoğlu du groupe de défense des droits des médias Reporters sans frontières (RSF) a qualifié la détention d' »arbitraire ».
« Boukandoura n’est pas un manifestant, et il ne peut être traité comme un criminel simplement parce qu’il est journaliste. Il rend un service public », a-t-il déclaré à l’AFP.
« Cette grave injustice doit être réparée. »
Libération, ainsi que Courrier International, Mediapart et Ouest-France – d’autres médias ayant publié les travaux de Boukandoura – ont tous publié des déclarations appelant à sa libération immédiate.
Le Syndicat national des journalistes (SNJ) français a également exhorté les autorités turques à le libérer, affirmant qu’il « faisait simplement son travail ».
« La liberté d’information est un droit fondamental », a déclaré le syndicat.
© Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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