La CEDH accélère l’examen de la détention du maire d’Istanbul, selon son avocat
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a décidé d’examiner en procédure prioritaire la requête du maire d’Istanbul et candidat présidentiel du principal parti d’opposition CHP, Ekrem İmamoğlu, ont rapporté vendredi les médias locaux citant son avocat.
Mehmet Pehlivan, l’un des avocats d’İmamoğlu lui-même actuellement incarcéré, a indiqué dans un communiqué publié sur X que la défense avait été informée de la décision du tribunal. L’avocat a précisé que la CEDH avait accepté de traiter la requête concernant la détention provisoire d’İmamoğlu comme un dossier urgent, soulignant qu’une telle priorisation est « rarement accordée » pour les requêtes venant de Turquie.
Kamuoyuna duyurulur.
Müvekkil Ekrem İmamoğlu’nun haksız tutukluluğuna ilişkin yapmış olduğumuz AİHM başvurusunun öncelikli olarak inceleneceği kararı tarafımıza resmi olarak bildirilmiştir.
AİHM’nin vermiş olduğu bu öncelikli inceleme kararı, bugüne kadar Türkiye’den yapılan…
— Mehmet Pehlivan (@mehmettpehlivan) December 26, 2025
İmamoğlu, maire de la plus grande ville de Turquie et figure d’opposition la plus en vue capable selon beaucoup de battre le président Recep Tayyip Erdoğan, a été arrêté le 23 mars dans le cadre d’une vaste enquête pour corruption visant la municipalité métropolitaine d’Istanbul (İBB). Il est depuis en détention provisoire.
Les procureurs accusent İmamoğlu d’avoir dirigé ce qu’ils décrivent comme un vaste réseau criminel, utilisant son influence « comme une pieuvre » pour contrôler les marchés publics et les finances municipales. Un réquisitoire de près de 4 000 pages déposé le mois dernier comprend 142 chefs d’accusation distincts : corruption, détournement de fonds, blanchiment d’argent, extorsion, truquage d’appels d’offres et violations des lois environnementales, fiscales et minières. En cas de condamnation sur tous les chefs, İmamoğlu risque une peine cumulée allant de 849 ans à plus de 2 430 ans de prison.
La première audience du procès est prévue le 9 mars 2026 devant la 40e Cour pénale lourde d’Istanbul.
L’arrestation d’İmamoğlu est intervenue quelques jours avant sa désignation officielle comme candidat présidentiel du CHP. Sa détention le 19 mars a déclenché les plus grandes manifestations en Turquie depuis les protestations du parc Gezi en 2013, avec des rassemblements dans les principales villes.
Malgré son arrestation, le CHP a maintenu ses primaires. Après avoir ouvert le vote au-delà de ses 1,5 million de membres inscrits, le parti a annoncé qu’un record de 15,5 millions de personnes avaient voté pour İmamoğlu, transformant cette primaire en un symbole de résistance.
Quelques heures après l’ordonnance d’incarcération par un tribunal d’Istanbul, le ministère de l’Intérieur a suspendu İmamoğlu de ses fonctions de maire alors qu’il était transféré dans une prison de haute sécurité en périphérie ouest de la ville.
İmamoğlu a catégoriquement rejeté toutes les accusations dans ses déclarations à la police et aux procureurs, niant avoir dirigé une organisation criminelle et affirmant que cette affaire est motivée politiquement. Le CHP qualifie ces poursuites de tentative d’éliminer le rival le plus dangereux d’Erdoğan avant la prochaine élection présidentielle prévue en 2028.
De nombreux observateurs estiment que l’ampleur des accusations et la sévérité de la peine requise révèlent une volonté d’empêcher İmamoğlu de rester une figure politique active, notamment via une longue détention provisoire.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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