La CEDH a constaté des violations de la liberté d’expression par la Turquie dans 432 décisions depuis 2002
La Turquie a violé le droit à la liberté d’expression à 432 reprises entre 2002 et 2025, selon les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), a rapporté le site d’information Velev ..
Les jugements, rendus en vertu de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), montrent que la liberté d’expression reste l’un des droits les plus fréquemment violés en Turquie.
L’article 10 protège le droit d’exprimer des opinions et de partager des informations sans ingérence de l’État, n’autorisant des restrictions que dans des circonstances limitées et strictement définies.
La Cour a constaté des violations de la liberté d’expression dans 40 décisions contre la Turquie en 2018, le nombre annuel le plus élevé. Elle a rendu 39 décisions de ce type en 2005 et 35 en 2019.
Par période, la Cour a relevé 126 violations entre 2003 et 2007, 65 entre 2008 et 2012, et 66 entre 2013 et 2017. Le nombre est passé à 145 entre 2018 et 2022, avant de redescendre à 30 entre 2023 et 2025.
Les décisions nationales reflètent une tendance similaire. La Cour constitutionnelle turque a constaté 4 896 violations de la liberté d’expression entre septembre 2012 et mars 2026.
Dans la pratique, les affaires de liberté d’expression en Turquie ont souvent impliqué des journalistes, des militants et des utilisateurs des réseaux sociaux confrontés à des détentions, des poursuites ou des emprisonnements en raison de leurs prises de parole.
Les organisations de défense de la liberté de la presse affirment que les journalistes continuent d’être détenus ou traduits en justice, souvent en lien avec leurs reportages ou leurs commentaires publics. La Turquie a parfois été classée parmi les pays emprisonnant le plus de journalistes au monde.
La répression s’est intensifiée après un coup d’État manqué en 2016, lorsque le gouvernement a lancé une vaste campagne contre ses opposants présumés, notamment des journalistes et des universitaires.
Des événements récents illustrent cette tendance. Lors des manifestations de 2025, les autorités ont arrêté des journalistes couvrant des manifestations lors de raids policiers et pendant leurs reportages sur le terrain.
Durant la même période, plus de 1 100 personnes — dont des journalistes — ont été arrêtées dans le cadre d’une répression plus large des manifestations anti-gouvernementales, tandis que les autorités ont également cherché à restreindre la couverture médiatique et l’accès aux plateformes de réseaux sociaux.
Les groupes de défense des droits et les organisations médiatiques estiment que de telles mesures ont contribué à un climat où les reportages, les commentaires publics et même l’activité sur les réseaux sociaux peuvent entraîner des conséquences juridiques, renforçant les inquiétudes reflétées dans les décisions répétées de la CEDH contre la Turquie.
Cet article est republié à partir du Stockholm Center for Freedom.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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