Hrant Dink commémoré à Istanbul 19 ans après son assassinat
Des centaines de personnes se sont rassemblées à Istanbul ce lundi pour commémorer le 19e anniversaire de l’assassinat de Hrant Dink, le journaliste arméno-turc abattu devant les bureaux du journal Agos en 2007.
Dink, rédacteur en chef du bilingue turco-arménien Agos, a été assassiné devant son bureau dans le centre d’Istanbul le 19 janvier 2007 par Ogün Samast, alors un lycéen déscolarisé de 17 ans sans emploi.
Ce meurtre a provoqué une indignation nationale et internationale, les critiques accusant les autorités turques d’avoir échoué à prévenir le crime malgré des menaces explicites contre Dink émanant de milieux ultranationalistes.
La veillée annuelle s’est tenue devant l’immeuble Sebat dans le quartier de Şişli, où Agos était installé et qui abrite désormais un lieu dédié à la mémoire de Dink. Une bannière avec son portrait et les mots « Mémoire, vérité, vie, nostalgie » y était accrochée.
18 ve 19 Ocak akşamları 19.00-23.00 saatleri arasında Sebat Apartmanı’nın önünden geçerken kafanızı yukarı kaldırmayı unutmayın.
Ohannes Şaşkal’ın ‘Aklın Yüreği’ isimli videosu Sebat Apartmanı’na eşlik ediyor. pic.twitter.com/TKmQNz5EkR
— Hrant Dink Vakfı (@HrantDinkVakfi) January 18, 2026
La famille de Dink, ses amis et collègues d’Agos étaient présents aux côtés de journalistes, défenseurs des droits et représentants de partis politiques et d’ONG. Les participants ont scandé des slogans exigeant justice et dénonçant l’impunité dans cette affaire, souvent citée comme un exemple de violence politique non résolue et de défaillances judiciaires en Turquie.
Bülent Aydın, au nom du collectif « Les Amis de Hrant », a déclaré que les mots de Dink avaient traversé les années et gagné en résonance, soulignant la présence d’une jeune génération lors de la commémoration.
Des lettres de prisonniers éminents ont été lues, dont celles du maire de Şişli Resul Emrah Sahan, de sa adjointe Ebru Özdemir, ainsi que des figures de la société civile Osman Kavala et Çiğdem Mater, emprisonnés dans le cadre des manifestations anti-gouvernementales du parc Gezi en 2013. Tous purgent des peines considérées par beaucoup comme politiquement motivées.
Appels à la justice
L’opposition et des partis politiques ont renouvelé leurs demandes de justice, estimant que les responsabilités complètes n’ont toujours pas été établies.
Le député d’opposition Sezgin Tanrikulu a posté sur X que le meurtre de Dink était un « assassinat politique planifié et organisé », soulignant que les menaces à son encontre étaient connues des institutions étatiques mais ignorées. Il a déploré que des procès épars n’aient pas identifié les commanditaires, perpétuant l’impunité.
Aradan geçen 19 yıla rağmen Hrant Dink cinayetinde gerçek adalet hâlâ sağlanmış değildir. Bu cinayet, münferit bir tetikçi eylemi değil; göz göre göre gelen, planlı ve organize bir siyasal suikasttir.
Hrant Dink defalarca hedef gösterilmiş, tehdit edilmiş; devletin ilgili… pic.twitter.com/zFDZrnTPIH
— Sezgin Tanrıkulu (@MSTanrikulu) January 19, 2026
Le Parti des travailleurs de Turquie a affirmé que Dink fut tué pour avoir prôné la coexistence pacifique, dénonçant un système libérant les exécutants tout en protégeant les donneurs d’ordre.
Dink, ardent défenseur de la réconciliation turco-arménienne, subissait des menaces pour son travail remettant en cause la position officielle turque sur les massacres de 1915. Son assassinat reste un symbole des luttes pour la liberté de la presse et les droits des minorités.
Le député indépendant Mustafa Yeneroğlu a qualifié ce crime de « blessure ouverte », regrettant que la justice n’ait pas pleinement abouti malgré la condamnation du tireur.
Samast, arrêté après le meurtre et condamné à 17 ans de prison, a été libéré en novembre 2023, suscitant l’indignation. Un nouveau procès impliquant 11 suspects complices a vu les charges contre lui annulées en janvier 2025 pour prescription, suivant les réquisitions du procureur.
Yeneroğlu a dénoncé l’opacité persistante autour des structures ayant permis ce crime, qualifiant l’affaire de « tache durable » sur la démocratie turque.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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