Erdoğan exhorte Maduro à maintenir le dialogue avec les États-Unis
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a exhorté son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, lors d’un appel téléphonique samedi, à maintenir « le dialogue ouvert » avec Washington, alors que les craintes d’une intervention militaire américaine dans les Caraïbes se renforcent.
Les États-Unis ont accru la pression sur Caracas avec un déploiement naval massif dans la région et plus de 20 frappes sur des navires qu’ils accusent d’être impliqués dans le trafic de drogue. Washington n’a pas publiquement fourni de preuves liant ces bateaux à des réseaux narcotiques.
« Il est important de maintenir les canaux de dialogue entre les États-Unis et le Venezuela », a déclaré Erdoğan à Maduro, selon un communiqué de la présidence turque publié sur X. Il a affirmé que la Turquie espérait « une désescalade rapide » et a ajouté qu’Ankara était convaincue que les problèmes régionaux « peuvent être résolus par le dialogue ».
Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a indiqué qu’Erdoğan avait exprimé « une profonde inquiétude face aux menaces pesant sur le Venezuela, notamment le déploiement militaire et diverses actions visant à perturber la paix et la sécurité dans les Caraïbes ».
Maduro, selon le ministère, a dénoncé le caractère « illégal, disproportionné, inutile et même extravagant » de ces menaces.
Les deux dirigeants ont également évoqué l’arrêt des vols internationaux après la déclaration du président Donald Trump le mois dernier, qualifiant l’espace aérien vénézuélien de « fermé ».
Maduro a affirmé mercredi avoir eu un échange « cordial » avec Trump dix jours plus tôt, en pleine montée des tensions militaires. Trump a confirmé cet échange sans donner de détails.
Le président américain accuse depuis longtemps Maduro de diriger un cartel de drogue, une accusation rejetée par Caracas. Le mois dernier, les États-Unis ont déployé le plus grand porte-avions du monde et des navires de guerre dans les Caraïbes pour intensifier leur pression.
La Turquie entretient des relations étroites avec le Venezuela. Erdoğan s’était rendu à Caracas en décembre 2018 pour soutenir Maduro, après que Washington et plusieurs gouvernements européens eurent refusé de reconnaître sa réélection, invoquant des fraudes électorales.
Certains responsables américains et médias ont suggéré que la Turquie pourrait être une destination pour Maduro en cas de chute du pouvoir. Le sénateur Lindsey Graham a écrit sur X la semaine dernière : « On m’a dit que la Turquie et l’Iran étaient charmants en cette saison », une pique suggérant que Maduro devrait s’exiler.
© Agence France-Presse




