Des politiques allemands condamnent l’arrestation du journaliste de DW en Turquie
Des parlementaires allemands de la coalition au pouvoir et de l’opposition ont demandé la libération immédiate du journaliste turcophone de Deutsche Welle (DW) Alican Uludağ après son arrestation en Turquie pour « insulte au président », exhortant Berlin à envisager des mesures diplomatiques, rapporte le Stockholm Center for Freedom, citant le service turc de DW.
Cette affaire a provoqué de vives réactions en Allemagne, où responsables et parlementaires envisagent des ripostes diplomatiques, comme la convocation de l’ambassadeur turc, alors que s’intensifie l’attention portée au traitement des journalistes travaillant pour les médias publics allemands en Turquie.
Holger Mann du Parti social-démocrate (SPD), membre de la commission culture et médias du Bundestag, a exigé la libération immédiate d’Uludağ. Il a dénoncé l’usage de poursuites judiciaires contre les journalistes et les récentes arrestations comme « préoccupantes ».
David Schliesing du parti Die Linke (La Gauche) a également réclamé la libération d’Uludağ, appelant le gouvernement allemand à accentuer la pression politique sur Ankara. Selon lui, convoquer l’ambassadeur turc au ministère des Affaires étrangères serait une réponse appropriée, ajoutant que Berlin devrait réévaluer sa position sur des dossiers comme la candidature turque à l’UE ou les livraisons d’armes.
Omid Nouripour des Verts (Bündnis 90/Die Grünen) a jugé « inacceptable » l’arrestation d’un journaliste pour son travail, pressant Berlin d’agir visiblement si Uludağ n’est pas libéré. Il a évoqué des mesures allant des démarches diplomatiques officielles à la convocation de l’ambassadeur, rappelant le cas du journaliste germano-turc Deniz Yücel, détenu en 2017 pendant près d’un an.
Le gouvernement allemand a déclaré la semaine dernière que les journalistes doivent pouvoir travailler sans crainte de pressions et que DW doit opérer librement en Turquie.
Le ministre allemand de la Culture Wolfram Weimer a qualifié la détention d’Uludağ d' »inacceptable », exigeant sa libération immédiate : « le journalisme n’est pas un crime ».
Le tribunal pénal d’Istanbul a estimé le 20 février que 22 publications d’Uludağ sur les réseaux sociaux constituaient des « insultes répétées et publiques » au président Erdoğan. La cour a ordonné son arrestation en invoquant un risque de fuite, de destruction d’éléments de preuve et de « fortes suspicions » de pression sur des témoins.
En Turquie, des milliers de personnes sont poursuivies pour « insulte au président » au titre de l’article 299 controversé du code pénal, passible de 4 ans de prison, peine alourdie si l’infraction est commise via les médias.
La Turquie, où la liberté de la presse est gravement mise à mal depuis des années, occupe le 159e rang sur 180 pays dans le Classement mondial 2025 de Reporters sans frontières (RSF).
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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