Des organisations de presse exhortent la Turquie à libérer un journaliste avant son audience
L’International Press Institute, le Committee to Protect Journalists, la Fédération européenne des journalistes et d’autres organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains ont exhorté la Turquie à libérer le journaliste İsmail Arı avant son audience du 5 juin à Ankara, soulignant qu’il est détenu depuis 75 jours en raison de ses reportages d’investigation.
Arı, journaliste au quotidien BirGün, a été arrêté le 21 mars dans le district de Turhal, dans la province de Tokat, où il s’était rendu pour voir sa famille pendant l’Aïd al-Fitr, avant d’être transféré à Ankara.
Le procureur général d’Ankara l’enquête pour « diffusion publique d’informations trompeuses » en vertu de l’article 217/A du code pénal turc et « insulte à un fonctionnaire public » selon l’article 125.
L’article 217/A, connu comme la loi turque sur la désinformation, a été introduit en 2022 et prévoit des peines de prison pour la diffusion d’informations que les autorités jugent fausses d’une manière qu’elles estiment susceptible de troubler l’ordre public.
Les organisations de défense de la liberté de la presse critiquent cette loi pour son flou et son utilisation potentielle contre les journalistes indépendants, car elle ne définit pas clairement ce qui constitue une fausse information ou une menace à l’ordre public.
Le Media Freedom Rapid Response, un mécanisme européen pour la liberté de la presse, a indiqué que sa base de données Mapping Media Freedom a recensé 55 cas liés à cette loi depuis son adoption.
Les groupes affirment que le dossier d’Arı repose principalement sur ses reportages, ses publications sur les réseaux sociaux et sa participation à des événements publics.
Ils dénoncent le fait que les autorités turques considèrent comme preuves pénales des activités journalistiques normales, telles que les reportages, les entretiens avec des sources et les enquêtes sur des questions d’intérêt public.
Arı avait déjà subi des menaces en raison de ses reportages sur le réseau criminel Şahinler et d’un article sur des allégations de corruption judiciaire.
Les groupes rapportent que des menaces envoyées depuis un numéro étranger inconnu visaient directement Arı et contenaient des informations sur ses proches, au moins un membre de sa famille ayant également reçu des menaces directes.
Arı a porté plainte auprès de la police et du ministère de l’Intérieur après ces menaces, mais les autorités ne lui ont fourni qu’un numéro de « protection préventive » valable 90 jours pour signaler d’autres incidents.
La déclaration a été signée par l’International Press Institute, le Committee to Protect Journalists, le European Centre for Press and Media Freedom, la Fédération européenne des journalistes, la Fédération internationale des journalistes et d’autres organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains.
Les groupes demandent la libération immédiate et sans condition d’Arı, l’abrogation de l’article 217/A et une réforme des lois turques pour les aligner sur les obligations internationales du pays en matière de liberté d’expression.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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