Des milliers de survivants turcs du séisme au Canada confrontés à un retour après l’expiration du programme de visas
Des milliers de ressortissants turcs partis au Canada après les séismes qui ont frappé la Turquie en 2023 sont désormais confrontés à la perspective de rentrer chez eux après l’expiration des mesures d’immigration temporaires introduites par Ottawa, selon des médias turcs.
Environ 9 000 citoyens turcs partis au Canada après les séismes du 6 février 2023 pourraient être contraints de revenir après l’expiration des mesures d’immigration temporaires adoptées par Ottawa, a rapporté le journal Yeniçağ.
Les séismes de magnitude 7,8 et 7,5 ont frappé 11 provinces du sud et du sud-est de la Turquie, faisant 53 537 morts, blessant plus de 107 000 personnes et laissant des millions de sans-abri alors que des milliers de bâtiments se sont effondrés.
Les séismes ont également fait plus de 6 000 morts dans la Syrie voisine.
Le Canada a introduit des mesures d’immigration spéciales après les séismes en Turquie et en Syrie, permettant aux personnes affectées de prolonger leur séjour temporaire, de demander des permis de travail ou de poursuivre plus facilement une immigration.
Cependant, ces mesures étaient conçues pour être temporaires. Les autorités canadiennes ont mis fin aux dispositions spéciales début 2024, ce qui signifie que les demandeurs ne remplissant pas les critères d’immigration standard doivent désormais retourner dans leur pays d’origine.
Selon le rapport de Yeniçağ, des milliers de citoyens turcs partis au Canada dans le cadre du programme de visas lié aux séismes sont désormais confrontés à la perspective d’une expulsion ou d’un retour obligatoire à l’expiration de leur statut temporaire.
Le rapport indique que beaucoup espéraient rester plus longtemps au Canada en raison de l’impact persistant des séismes sur leur vie en Turquie.
Des défenseurs de la communauté et des experts en immigration ont appelé les autorités canadiennes à fournir une voie plus claire pour que les survivants puissent rester dans le pays, affirmant que de nombreuses victimes peinent encore à reconstruire leur vie après la catastrophe.
Près de trois ans après la catastrophe, de nombreux survivants vivent toujours dans des logements temporaires en Turquie. Selon les chiffres officiels, 360 455 personnes vivaient encore dans des logements conteneurs au 26 janvier.
Après les séismes de 2023, le Canada a priorisé les demandes d’immigration des ressortissants turcs et syriens et permis aux résidents temporaires des pays affectés de prolonger leur statut, de travailler ou d’étudier au Canada.
Mais les responsables canadiens ont répété que ces mesures visaient un soutien humanitaire à court terme plutôt qu’une voie d’immigration permanente.
Les séismes du 6 février 2023, dont l’épicentre se situait près de Kahramanmaraş, ont dévasté une large bande du sud et du sud-est du pays, déclenchant l’une des plus grandes crises de déplacement interne de l’histoire moderne de la Turquie.
Plus de 39 000 bâtiments se sont effondrés dans les premiers jours suivant les séismes, et quelque 518 000 logements ont été détruits ou gravement endommagés dans les 11 provinces. Les dégâts ont laissé plus de 2 millions de personnes dans un besoin urgent de logement et confrontées à un déplacement à long terme.




