D’anciens présidents de clubs de football parmi les 14 interpellés dans une enquête antidrogue élargie à Istanbul
L’ancien président de Beşiktaş Fikret Orman et l’ex-président de Galatasaray Burak Elmas figurent parmi les 14 personnes interpellées dans une enquête antidrogue en expansion à Istanbul, ont déclaré mercredi les procureurs. Des mandats d’arrêt ont été émis pour 16 suspects au total, selon l’agence étatique Anadolu.
Le parquet d’Istanbul a indiqué dans un communiqué que l’enquête avait été lancée « pour protéger la moralité publique, la structure sociale et l’ordre familial ».
Les mandats d’arrêt concernent des individus soupçonnés de détention de stupéfiants pour usage personnel ou de facilitation de consommation.
La police a mené des raids simultanés dans 16 lieux différents à Istanbul, interpellant 14 suspects, tandis que deux autres mandats restent à exécuter, selon le communiqué.
Parmi les interpellés figurent également l’homme d’affaires Hakan Sabancı, les anciens mannequins Güzide Duran et Didem Soydan, ainsi que plusieurs autres personnalités des milieux économiques et sociaux.
L’actrice Hande Erçel fait partie des deux suspects faisant l’objet d’un mandat d’arrêt et se trouverait à l’étranger.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, elle a affirmé avoir pris connaissance de l’enquête par les médias et s’être engagée à retourner en Turquie pour témoigner et clarifier la situation.
Selon la loi turque, les infractions liées aux stupéfiants peuvent être punies de peines allant jusqu’à cinq ans de prison. Pour les primo-délinquants en cas d’usage personnel, les tribunaux privilégient souvent des peines avec sursis ou des programmes de traitement plutôt que l’incarcération.
Cette affaire s’inscrit dans une série d’opérations antidrogue menées à Istanbul ces derniers mois, impliquant de plus en plus de personnalités des secteurs de la télévision, de la musique et des médias.
Les phases précédentes de l’enquête ont vu des dizaines de suspects interpellés ou arrêtés pour des charges similaires, certains ayant été libérés après avoir fourni des déclarations et des échantillons biologiques.
Des critiques affirment que les enquêtes antidrogue médiatisées ciblent parfois des personnalités en vue, tandis que les réseaux de trafic à grande échelle ne font pas l’objet de suffisamment de poursuites.
Selon un rapport de 2025 de la police turque, la Turquie a dépassé son rôle traditionnel de voie de transit pour les drogues illicites et est devenue à la fois un marché de destination et un centre de production, notamment pour les substances synthétiques. Le rapport documente une forte augmentation des opérations liées aux stupéfiants, avec des dizaines de laboratoires démantelés rien qu’à Istanbul.
Certains perçoivent également des sous-entendus politiques dans les affaires impliquant des célébrités, y voyant le reflet des tensions culturelles plus larges en Turquie sous le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2002.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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