Chypre dénonce à l’ONU des violations turques de son espace aérien et de ses eaux territoriales
Chypre a porté plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies concernant ce qu’elle qualifie de centaines de violations turques de son espace aérien et de ses eaux territoriales en juillet et août, ont rapporté les médias chypriotes mardi.
Dans une lettre datée du 8 décembre, la mission chypriote a affirmé que la Turquie avait commis 328 violations de l’espace aérien et 16 violations des eaux territoriales durant cette période de deux mois. Elle précise que 93 de ces incidents aériens impliquaient des drones militaires turcs et 56 des avions de chasse.
La lettre mentionne également ce qu’elle décrit comme des violations de la région d’information de vol (FIR) de Chypre, l’utilisation de « ports et aéroports fermés » dans le nord de l’île et des incursions quasi quotidiennes dans la zone tampon des Nations unies, une bande de terre patrouillée par la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP). Le Conseil de sécurité a renouvelé le mandat de l’UNFICYP jusqu’au 31 janvier 2026.
Chypre est divisée depuis 1974, lorsqu’un coup d’État soutenu par la Grèce a été suivi d’une intervention militaire turque. Le gouvernement internationalement reconnu contrôle le sud, tandis que les Chypriotes turcs administrent le nord, où une entité séparatiste n’est reconnue que par la Turquie. Le Royaume-Uni, la Turquie et la Grèce sont les puissances garantes en vertu des traités liés à l’indépendance de Chypre vis-à-vis du Royaume-Uni en 1960.
La lettre indique que Chypre reste engagée en faveur d’un règlement soutenu par l’ONU basé sur une fédération bizonale et bicommunautaire avec une égalité politique. Cette plainte intervient alors que l’envoyée des Nations unies María Ángela Holguín a exprimé un optimisme prudent concernant la reprise des contacts entre les deux parties, tout en avertissant qu’il est trop tôt pour une réunion multipartite plus large.
La Turquie conteste ces accusations similaires de Chypre. Lors d’un précédent échange à l’ONU en août, la Turquie avait qualifié les allégations chypriotes de « sans fondement » et évoqué des « prétendues violations » dans sa réponse.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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