Bahçeli propose 2 commissions pour gérer la paix entre la Turquie et le PKK
Le dirigeant du Parti d’action nationaliste (MHP), Devlet Bahçeli, a proposé la création de deux nouvelles commissions pour superviser le processus de paix entre la Turquie et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Cette initiative de l’allié principal du président Recep Tayyip Erdoğan vise à structurer formellement un processus marqué par des retards et des désaccords sur son déroulement.
Bahçeli, dont le parti est allié au Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, a suggéré qu’une première commission parlementaire, incluant des membres de tous les partis politiques, soit chargée de suivre le processus. Il a également proposé la création d’un second organe placé sous l’autorité du vice-président, regroupant les ministères de la Justice, de l’Intérieur, de la Défense, de la Famille et des Services sociaux, du Trésor et des Finances, ainsi que l’Organisation nationale du renseignement.
Ce second organe serait baptisé « Commission pour la conduite du processus de liquidation et de régulation et l’unité nationale », selon la proposition de Bahçeli. Il aurait pour mission de coordonner les institutions étatiques, piloter le processus, informer le public et contrer ce qu’il qualifie de possibles « propagandes noires ».
Bahçeli a également suggéré la mise en place d’un « Centre de coordination étatique de lutte contre le terrorisme » au sein de la commission exécutive. Selon lui, cette structure aiderait à définir la feuille de route pour la prochaine phase de l’initiative gouvernementale « Turquie sans terrorisme » et suivrait les étapes nécessaires pour que le PKK mette fin à ses activités armées.
Cette proposition intervient alors que le processus montre des signes de tension. Des figures du PKK et des politiciens pro-kurdes accusent le gouvernement de retarder les mesures légales, tandis qu’Ankara exige que le PKK prenne d’abord des mesures vérifiables pour déposer les armes.
Le PKK, classé comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux, mène une lutte armée contre l’État turc depuis 1984. Plus de 40 000 personnes ont perdu la vie dans ce conflit.
Le processus actuel a débuté en 2024, et Öcalan, le leader emprisonné du PKK, a appelé en février 2025 à la cessation des activités armées. Le PKK a ensuite annoncé sa décision de se dissoudre et de mettre fin à sa campagne armée.
Bahçeli joue un rôle central dans cette nouvelle initiative. Bien qu’il dirige un parti nationaliste traditionnellement ferme envers le PKK, il soutient régulièrement le processus et a même suggéré d’attribuer à Öcalan un rôle défini sous le titre de « Coordinateur du processus de paix et de la transition politique ».
Sa dernière proposition semble répondre à l’un des principaux problèmes du processus : l’absence de mécanisme public expliquant comment les prochaines étapes seront gérées par le parlement et les institutions étatiques.
Une commission parlementaire présidée par le président de l’Assemblée, Numan Kurtulmuş, a approuvé en février un rapport détaillant une feuille de route pour les mesures légales liées au processus. Mais aucune loi n’a encore été adoptée, et le Parti démocratique des peuples et de l’égalité (DEM), pro-kurde, accuse le gouvernement de lenteur.
Le président Erdoğan a déclaré le mois dernier que le processus avait franchi « plusieurs étapes critiques » et que le gouvernement avancerait « avec patience » vers son objectif. Cependant, Murat Karayılan, une figure du PKK, a ensuite affirmé que le processus était « gelé », évoquant l’absence de contacts récents avec Öcalan et de garanties légales.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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