Au moins 17 interpellations et 3 incarcérations pour des menaces en ligne d’attaques scolaires à travers la Turquie après une fusillade meurtrière
Les autorités turques ont interpellé au moins 17 personnes dans plusieurs provinces et incarcéré plusieurs suspects pour des menaces en ligne d’attaques scolaires et des publications glorifiant la violence, suite à la première fusillade mortelle dans une école en Turquie qui a fait 10 morts dans la province méridionale de Kahramanmaraş.
Les cas signalés incluent sept étudiants interpellés dans la province nord de Samsun, deux personnes arrêtées dans la province occidentale de Denizli, ainsi que des interpellations ou arrestations distinctes à Istanbul, Sivas, Zonguldak, Çanakkale, Kırşehir, Tokat, Bolu et Antalya.
Le gouvernorat de Samsun a indiqué que la police des cybercrimes avait ouvert une enquête après la diffusion en ligne de publications affirmant que des écoles de la province pourraient être ciblées, selon l’agence de presse publique Anadolu. Six des étudiants interpellés étaient mineurs et ont été placés en garde à vue par la police des mineurs, tandis qu’un septième, majeur, a été interpellé dans le district d’Atakum. Tous ont été déférés à la justice après interrogatoire.
À Istanbul, un lycéen a été interpellé après avoir partagé une photo de bombe sur Telegram et posté des messages annonçant un attentat en lien avec l’attaque de Kahramanmaraş. Les médias turcs ont rapporté que la police a saisi un gilet tactique, des vêtements de camouflage, un casque, un couteau et du gaz poivré lors d’une perquisition à son domicile. L’étudiant a ensuite été incarcéré en attente de procès.
À Denizli, deux personnes ont été interpellées pour des publications évoquant de possibles attaques similaires. Le gouvernorat a précisé que l’une était suspectée d’avoir menacé de semer la peur et la panique, l’autre d’avoir glorifié le crime et les criminels. À Sivas, un élève de 17 ans en classe de seconde a été interpellé puis incarcéré pour un post suggérant des attaques contre des écoles locales.
D’autres cas ont été signalés à travers le pays : un lycéen de 17 ans interpellé à Zonguldak après avoir menacé son établissement sur WhatsApp (6 douilles vides trouvées à son domicile), un collégien de 14 ans arrêté à Ezine (Çanakkale) pour des menaces sur les réseaux sociaux, trois interpellations à Kırşehir, un élève incarcéré à Tokat, un étudiant interpellé à Bolu pour un enregistrement vocal évoquant l’assassinat de son proviseur et de camarades, et deux lycéens arrêtés à Antalya pour avoir annoncé vouloir amener des armes en cours.
Ces affaires surviennent alors que la police annonce une vaste opération nationale contre les publications liées aux attaques scolaires à Şanlıurfa et Kahramanmaraş : 174 personnes identifiées pour des contenus « trompeurs, menaçants ou incitateurs », 127 interpellations et 1 115 adresses internet bloquées.
Ces arrestations interviennent alors que la Turquie reste sous le choc de l’attaque du mercredi au collège Ayser Çalık (district d’Onikişubat, Kahramanmaraş). Les autorités indiquent qu’un élève de 14 ans (identifié comme İsa A.M. par les médias) a ouvert le feu, tuant huit élèves et un enseignant avant d’être maîtrisé par un parent d’élève. Le tireur serait décédé de ses blessures.
Le gouvernorat de Kahramanmaraş a précisé vendredi que huit élèves blessés étaient toujours hospitalisés, dont cinq en soins intensifs.
Les motivations restent inconnues. Certains médias évoquent une fascination de l’agresseur pour les sous-cultures violentes en ligne et les tueries de masse, sans confirmation indépendante. Ces éléments alimentent les craintes d’un acte inspiré par des communautés numériques glorifiant la violence, plutôt que par un conflit local.
L’attaque soulève aussi des questions sur l’accès aux armes à feu en Turquie, pourtant strictement régulé. Le gouvernorat a révélé que le jeune s’était entraîné avec son père (un haut gradé de la police) sur un stand de tir trois jours avant les faits. L’officier de service ce jour-là a été suspendu.
Le père, dont les armes auraient été utilisées par son fils, a été arrêté après la fusillade.
Selon le journal Cumhuriyet, le collège Ayser Çalık restera fermé au-delà des deux jours initialement prévus. Les élèves seront temporairement transférés dans d’autres établissements à partir de lundi pour éviter de retourner sur les lieux du drame.
Des parents ont salué cette décision, expliquant que leurs enfants restaient traumatisés par les images d’élèves sautant par les fenêtres pour fuir.
Cette attaque, première du genre en Turquie, survient un jour après une autre fusillade scolaire à Şanlıurfa (sud-est). Ces événements consécutifs ravivent les inquiétudes sur l’accès des mineurs aux armes et l’influence des sous-cultures violentes en ligne.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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