Amnesty demande à la Turquie de lever l’interdiction des manifestations alors que les arrestations augmentent avant le sommet de l’OTAN
Les points importants
- Interdiction générale : Les autorités turques ont imposé une interdiction totale des rassemblements publics à Ankara du 28 juin au 10 juillet, invoquant la sécurité nationale.
- Arrestations massives : Plus de 220 personnes, dont des avocats, des universitaires et des journalistes, ont été arrêtées lors de raids matinaux, avec 178 placements en détention provisoire.
- Dénonciation internationale : Amnesty International qualifie ces mesures d’« attaque excessive et injustifiable » contre les droits fondamentaux et réclame la libération des détenus.
Amnesty International a appelé les autorités turques à lever l’interdiction de 13 jours des manifestations à Ankara et à libérer les personnes qu’elle décrit comme arbitrairement détenues avant le 36e sommet de l’OTAN, alors que le nombre de personnes emprisonnées en attente de procès dans le cadre des opérations de sécurité précédant l’événement est passé à 178.
L’organisation de défense des droits a lancé cet appel après qu’une interdiction provinciale des rassemblements publics a pris effet dimanche à Ankara, où se tiendra le sommet les 7 et 8 juillet.
Le bureau du gouverneur d’Ankara a annoncé le 22 juin que tous les rassemblements publics seraient interdits de minuit le 28 juin à 23h59 le 10 juillet, invoquant la sécurité nationale et les mesures de sécurité liées au sommet de l’OTAN.
« L’interdiction générale de toutes les manifestations à Ankara doit être levée et toutes les personnes arbitrairement détenues en prison ou en résidence surveillée en lien avec le sommet de l’OTAN doivent être libérées », a déclaré Esther Major, directrice adjointe de la recherche pour l’Europe d’Amnesty International, dans un communiqué.
Major a qualifié cette interdiction d’« attaque excessive et injustifiable » contre les droits à la liberté de réunion pacifique et d’expression.
Elle a déclaré que les autorités turques doivent protéger le droit de manifester et cesser d’utiliser de vastes préoccupations de sécurité nationale pour détenir des personnes sans preuve d’infraction.
Le bureau du gouverneur a également invoqué la nécessité d’empêcher les personnes et véhicules non autorisés d’entrer dans les zones désignées comme sensibles, notamment le lieu du sommet, les hôtels où séjourneront les délégations et les itinéraires empruntés par celles-ci.
Le communiqué d’Amnesty faisait référence à « plus de 100 personnes » placées en détention provisoire, sur la base des chiffres disponibles au moment de sa publication.
Ce chiffre est ensuite passé à 178 après que davantage de détenus ont été présentés à un tribunal, selon les médias turcs et Human Rights Watch. Trente-quatre autres personnes ont été placées en résidence surveillée, tandis que six ont été libérées.
Au total, 225 personnes ont été arrêtées lors d’opérations lancées avec des raids matinaux le 23 juin dans le cadre de ce que les procureurs ont décrit comme une enquête pour terrorisme.
Les personnes arrêtées comprenaient des avocats, des universitaires, des militants, des journalistes, des étudiants, des membres de syndicats et des représentants de la société civile, selon des organisations de défense des droits et les médias turcs.
Amnesty a déclaré que la détention provisoire est une mesure exceptionnelle et ne peut être utilisée pour empêcher des personnes d’exercer des droits protégés par le droit international, notamment la liberté de réunion pacifique et d’expression.
L’organisation a également critiqué la décision de l’OTAN de refuser l’accréditation à certains journalistes et médias turcs, la qualifiant de coup porté à la liberté de la presse.
Amnesty a exhorté l’OTAN à revenir sur cette décision et à permettre aux journalistes et médias exclus de couvrir le sommet.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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