Affrontement général au Parlement turc lors du vote du budget 2026
Une bagarre générale a éclaté dimanche soir au Parlement turc pendant les débats sur le budget 2026, finalement adopté après une séance chaotique ponctuée d’affrontements physiques entre députés du parti au pouvoir et de l’opposition.
L’Assemblée nationale turque a approuvé le budget de l’État pour 2026 par 320 voix contre 249. Le projet de loi sur les comptes finaux 2024 a également été adopté avec 316 voix pour et 247 contre.
Des images et témoignages montrent des élus du Parti de la justice et du développement (AKP) et du principal parti d’opposition (CHP) échangeant coups et poussées dans l’hémicycle. L’échauffourée a duré une dizaine de minutes, reprenant sporadiquement pendant une suspension de séance.
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— Mahir KILIÇ (@mahirkilicc) December 21, 2025
Les violences ont éclaté le dernier jour des débats budgétaires après une série d’échanges tendus entre députés de l’AKP et du CHP.
Les tensions ont grimpé lorsque le député AKP Mustafa Varank a critiqué le leader du CHP Özgür Özel, accusant les municipalités de l’opposition de trahir leurs promesses électorales.
Varank a également évoqué des images d’Özel et d’autres participants buvant sur la tombe de l’ancien député Kamer Genç lors d’un hommage, provoquant des protestations véhémentes du CHP.
Gökhan Günaydın, vice-président du groupe CHP, a répliqué en dénonçant la « diffamation systématique » contre les mairies d’opposition. Il a sommé le pouvoir de soutenir des mesures de transparence comme la retransmission des procès pour corruption et la publication des patrimoines politiques.
Le CHP subit une répression accrue depuis plus d’un an, avec l’arrestation d’au moins 15 maires et de centaines d’élus dont Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul.
İmamoğlu – principal rival politique d’Erdoğan et candidat présidentiel de son parti depuis mars – a été arrêté ce même mois dans le cadre d’une enquête pour corruption visant la municipalité stambouliote.
Le CHP dénonce des poursuites « politiquement motivées » visant à discréditer le parti, arrivé en tête aux municipales de l’an dernier.
Selon un rapport récent du CHP, 16 de ses maires sont emprisonnés et 13 municipalités (dont Esenyurt et Şişli à Istanbul) sont placées sous tutelle administrative depuis le début de cette répression en octobre 2024.
Günaydın a aussi défendu l’héritage du CHP, qualifiant les critiques contre l’ère du parti unique d' »attaques contre les principes fondateurs de la République et son leader Mustafa Kemal Atatürk ».
Les tensions ont encore monté lorsque le président du groupe AKP Abdullah Güler a évoqué la période républicaine sous Atatürk et son successeur İnönü, déclenchant des réactions outrées dans les rangs du CHP.
Alors que le vice-président du CHP Ali Mahir Başarır protestait, les invectives ont dégénéré en bousculades puis en coups, des dizaines de députés des deux bords se mêlant à la mêlée au centre de l’hémicycle. Gardes et élus ont peiné à séparer les protagonistes.
Les leaders du CHP (Özel) et du MHP d’extrême-droite (Bahçeli) assistaient à la scène sans intervenir.
Ces affrontements physiques ne sont pas rares dans un Parlement turc où les clivages politiques dégénèrent régulièrement en violence lors de débats sensibles.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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