640 000 Syriens sont rentrés chez eux depuis la Turquie depuis la chute d’Assad : HCR
Près de 640 000 Syriens sont rentrés chez eux depuis la Turquie depuis la chute du président syrien Bachar al-Assad en décembre 2024, selon les chiffres du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), représentant la part la plus importante des plus de 1,6 million de retours enregistrés à ce jour.
Un tableau de bord des retours de réfugiés publié le 30 avril par le HCR montre qu’environ 639 995 Syriens sont rentrés depuis la Turquie depuis le 8 décembre 2024, date de la chute d’Assad.
Le HCR indique qu’au total, 1 630 874 Syriens sont rentrés dans leur pays depuis les États voisins et autres pays d’accueil durant la même période, y compris depuis la Turquie. Cette estimation s’appuie sur plusieurs sources, notamment des rapports sur les mouvements de population, des entretiens, un suivi aux frontières et des données des autorités migratoires et frontalières.
Après la Turquie, le Liban arrive en deuxième position avec 630 697 retours, suivi de la Jordanie avec 284 881 retours. Le tableau de bord mentionne également 41 179 retours depuis l’Irak, 27 970 depuis l’Égypte et 6 152 depuis d’autres pays.
Selon le HCR, les femmes représentent 52 % des rapatriés, soit 840 496 personnes, tandis que les hommes en constituent 48 %, soit 790 378 personnes.
Les plus grands nombres de retours ont été enregistrés à Damas (286 990 personnes), suivie d’Idlib (237 329), Alep (229 851), la campagne damascène (210 419), Homs (203 945), Hama (163 677) et Deraa (143 032).
Les derniers chiffres montrent que les retours depuis la Turquie approchent la projection du HCR publiée l’an dernier, qui estimait à 700 000 le nombre de Syriens rentrant de Turquie d’ici fin 2025. L’agence avait attribué cette augmentation attendue au changement politique en Syrie après la chute d’Assad, tout en avertissant que de nombreux rapatriés faisaient face à des obstacles majeurs, notamment en matière de logement, de services essentiels et de moyens de subsistance.
La Turquie se trouve depuis longtemps au cœur de la crise des réfugiés syriens. Selon le HCR, elle accueillait 2,9 millions de ressortissants syriens sous protection temporaire fin 2024, bien que ce nombre ait depuis diminué pour atteindre environ 2,3 millions.
Le ministre turc de l’Intérieur Mustafa Çiftçi a déclaré en février que 1 366 215 Syriens étaient rentrés dans leur pays « volontairement, en sécurité et dans la dignité ». Ce chiffre semble concerner les retours cumulés sur plusieurs années plutôt que ceux intervenus uniquement depuis la chute d’Assad.
Le gouvernement turc promeut depuis des années les retours volontaires dans le cadre de sa politique migratoire, tandis que des organisations de défense des droits humains ont maintes fois exprimé leurs inquiétudes quant aux conditions dans lesquelles les Syriens sont incités ou poussés à partir, évoquant des rapports faisant état de retours forcés, d’un manque de consentement éclairé et de conditions de réintégration précaires.
Le HCR a souligné dans des évaluations antérieures que les retours doivent être volontaires, sûrs, dignes et durables, et que les Syriens rapatriés ont besoin de garanties de protection et d’un soutien international pour reconstruire leur vie dans un pays toujours confronté à de graves pénuries de logements, de services et de moyens de subsistance.




