40 % des Turcs déclarent pratiquer régulièrement les prières quotidiennes musulmanes : enquête
Une nouvelle enquête sur la religion en Turquie révèle que la croyance en Dieu reste très répandue, mais que la pratique des prières quotidiennes musulmanes concerne une part plus réduite de la population, avec 40 % des sondés affirmant les accomplir régulièrement.
Ces résultats proviennent du rapport « Croyance et religiosité en Turquie : TGSS 2024 », publié en avril par les éditions İSAR et basé sur l’Enquête sociale générale turque (TGSS). Le terrain a été mené du 17 mai au 2 juin 2024 auprès d’un échantillon national représentatif de 2 615 personnes réparties dans 26 provinces et 12 régions statistiques. L’étude utilise un échantillonnage probabiliste multistade incluant des répondants de zones urbaines denses, de villes moyennes et de zones rurales.
Selon le rapport, 94,05 % des sondés déclarent croire en Dieu, et 94 % affirment que Dieu occupe une place importante ou très importante dans leur vie. Pourtant, seuls 40 % disent pratiquer régulièrement les cinq prières quotidiennes de l’islam, tandis que 36 % avouent ne jamais prier ou rarement, et 24 % prient occasionnellement. Cet écart suggère que la croyance personnelle en Turquie est bien plus répandue que l’observance stricte des rites.
D’autres pratiques religieuses sont bien plus courantes. Chez les hommes, 76 % déclarent assister régulièrement à la prière du vendredi, rassemblement hebdomadaire central en islam. Tous répondants confondus, 76 % jeûnent régulièrement pendant le ramadan, mois sacré du jeûne musulman.
L’enquête montre que les femmes affichent des taux de pratique religieuse plus élevés que les hommes sur plusieurs aspects : 49 % des femmes prient quotidiennement (contre 32 % des hommes), et 81 % jeûnent pendant le ramadan (contre 71 % des hommes).
Le rapport indique aussi que 67 % des répondants se décrivent comme religieux ou très religieux, contre 10 % se disant non religieux et 23 % se plaçant dans une catégorie intermédiaire (« ni religieux ni non religieux »). Cette position médiane est plus fréquente chez les jeunes et les diplômés du supérieur.
Parmi les 65 ans et plus, 73 % se déclarent religieux, contre 57 % chez les 18-24 ans. Dans cette tranche d’âge la plus jeune, 31 % optent pour la catégorie intermédiaire. Chez les titulaires d’un master ou doctorat, la part de religieux chute à 43 %.
La prière quotidienne varie aussi fortement selon l’âge et l’éducation.
Seuls 26 % des 18-24 ans disent prier cinq fois par jour régulièrement, contre 55 % chez les 65 ans et plus. Parmi les diplômés du supérieur, ce taux tombe à 22 %, tandis que 63 % dans ce groupe ne prient jamais ou rarement. Les ruraux sont plus assidus (44 %) que les citadins (40 % en zones urbaines denses, 38 % en villes moyennes).
Les disparités régionales sont marquées. La région égéenne (côte ouest) affiche le taux de prière quotidienne le plus bas (23 %), tandis que le nord-est du pays enregistre le plus élevé (68 %).
Le jeûne régulier du ramadan est également minimal en Égée (56 %) et maximal au nord-est (97 %). Le port du voile, marqueur visible de religiosité publique en Turquie, concerne 54 % des femmes globalement, mais seulement 24 % chez les diplômées du supérieur.
Parallèlement, le rapport relève un large soutien aux principes laïques : 84 % des sondés estiment qu’on peut pratiquer librement sa religion dans un pays laïc, et 82 % jugent que religion et politique doivent rester séparées.




