4 militants inculpés pour des allégations de mauvais traitements après une manifestation contre le commerce avec Israël
Les procureurs turcs ont inculpé quatre militants pro-palestiniens ayant protesté contre le commerce avec Israël lors d’un forum en présence du président Recep Tayyip Erdoğan à Istanbul, les accusant de diffuser des informations trompeuses après leurs allégations de fouilles à nu et de torture en détention, rapporte l’agence Anka.
L’acte d’accusation a été accepté par le 50e tribunal pénal d’Istanbul. La première audience est prévue pour le 16 septembre.
Les militants, qui avaient interrompu le discours d’Erdoğan lors du TRT World Forum en novembre 2024 pour dénoncer « l’hypocrisie » du président accusé de faciliter les exportations de pétrole brut vers Israël malgré la position officielle turque contre les actions militaires israéliennes à Gaza, avaient été placés en garde à vue puis en détention provisoire.
Ils ont été libérés après plusieurs jours de détention préventive.
Après leur interpellation, quatre manifestants et leur avocat, Adem Bingöl, ont publiquement affirmé avoir subi des fouilles corporelles intégrales et des mauvais traitements en détention.
Les protestataires ont accusé les gardes du corps présidentiels, la direction de la police d’Istanbul et le personnel pénitentiaire de « torture », « blessures volontaires », « harcèlement sexuel », « insultes », « menaces », « non-dénonciation de crime » et « abus de fonction ».
Ils ont déclaré que leurs vêtements avaient été retirés au commissariat et que « leurs corps et parties intimes avaient été touchés » pendant la fouille, une nouvelle fouille intégrale ayant eu lieu à la prison.
Suite à ces révélations, la Direction générale de la sécurité turque a porté plainte contre l’agence Anka et deux sites d’information ayant relayé ces déclarations, ainsi que contre les quatre militants.
Les procureurs ont ensuite classé sans suite les plaintes contre les médias, invoquant l’absence d’élément criminel. L’enquête contre les manifestants a cependant été maintenue.
Dans l’acte d’accusation, les procureurs reprochent aux quatre militants d’avoir « diffusé publiquement des informations trompeuses », estimant que leurs déclarations infondées pouvaient saper l’ordre public et la confiance dans les forces de l’ordre.
Selon des extraits cités par la presse turque, les procureurs ont jugé que ces allégations – confrontées aux enregistrements vidéo et rapports officiels – relevaient de « revendications générales et abstraites sans fondement factuel », visant à créer l’impression que les forces de l’ordre avaient violé les droits des individus.
L’acte d’accusation affirme également que ces déclarations étaient « susceptibles de troubler la paix publique ».
Les procureurs ont requis l’application de l’article 218 du code pénal turc prévoyant des peines aggravées pour les infractions commises via la presse.
Par ailleurs, le 10e tribunal d’Ankara a ordonné en avril 2025 une censure médiatique sur cette affaire.
Dans des actes d’accusation séparés, les militants sont aussi poursuivis pour « insulte au président » et « participation à une manifestation illégale ».
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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