3 journalistes libérés sous contrôle judiciaire après leur détention suite à des images d’İncirlik
Trois journalistes arrêtés pour avoir filmé près de la base aérienne d’İncirlik dans le sud de la Turquie ont été libérés sous contrôle judiciaire, a annoncé lundi l’Association des études sur les médias et le droit (MLSA).
Un tribunal d’Adana a ordonné la libération du rédacteur en chef de l’agence Anka Kenan Şener, du reporter de Koza TV Sergen Ölçer et de la directrice générale de Koza TV Mehlika Bilen, leur imposant une obligation de pointage hebdomadaire et une interdiction de quitter le territoire.
Un employé de la municipalité métropolitaine d’Adana, Güral Bıçakçı, a également été libéré sous les mêmes conditions.
Les journalistes avaient été arrêtés après avoir enregistré des images près de la base aérienne d’İncirlik, une importante installation abritant des troupes américaines à Adana, alors qu’Israël et les États-Unis commençaient à frapper l’Iran samedi.
L’Iran a ensuite lancé des attaques de missiles contre Israël et les États du Golfe abritant des bases américaines, aggravant les tensions dans la région.
Les organisations de défense de la liberté de la presse ont vivement critiqué ces arrestations.
L’International Press Institute (IPI), un réseau mondial pour la liberté des médias, a déclaré qu’il « condamne fermement la détention » des journalistes pour avoir filmé près de la base d’İncirlik.
« Le journalisme, surtout en temps de crise, sert l’intérêt public et ne doit pas être criminalisé », a déclaré l’IPI dans un communiqué publié sur X.
La journaliste chevronnée Şebnem Arsu a également critiqué cette mesure, rappelant que des diffusions en direct depuis İncirlik avaient été autorisées lors de crises précédentes.
« Pendant des années, nous avons vu la base d’İncirlik en direct sur les chaînes d’info lors des crises », a écrit Arsu sur X.
« Si le média avait négligé certaines sensibilités sur place, un simple avertissement aurait suffi à faire cesser immédiatement les images. Les arrestations constituent une approche totalement disproportionnée, selon les experts. »
For years, we watched İncirlik base live on news tvs at times of crises. In case the outlet had missed any sensitivities on the ground, it could have been easily warned to stop and it would have in an instant. Detentions are totally unnecessary, heavy handed approach, experts say https://t.co/ApNTm7zi81
— Sebnem Arsu (@sebnemarsu) March 2, 2026
Le Syndicat des journalistes de Turquie (TGS) avait précédemment exigé leur libération immédiate, jugeant inacceptable l’arrestation de journalistes couvrant un conflit régional.
Reporters sans frontières (RSF) a affirmé que ces arrestations étaient liées à des violations présumées de la loi turque sur les zones militaires et de sécurité restreintes.
Suite à une plainte, l’agence Anka a interrompu sa diffusion et retiré les images de son site. L’agence a ensuite présenté ses excuses, exprimant ses regrets pour les « malentendus » causés par ses publications sur les réseaux sociaux et ses reportages en direct, qu’elle a décrits comme relevant de son travail journalistique.
La Turquie abrite également un système radar de l’OTAN à la base de Kürecik (province de Malatya) capable de détecter les lancements de missiles en provenance d’Iran. Ankara a nié à plusieurs reprises que les données radar aient été utilisées pour aider Israël, bien que des responsables iraniens aient critiqué la présence de ce radar en Turquie.
La Turquie, qui souffre depuis des années d’un piètre bilan en matière de liberté de la presse, se classait 159e sur 180 pays dans l’Index mondial de la liberté de la presse 2025 publié par Reporters sans frontières (RSF).
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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