207 mineurs condamnés en Turquie en 2025 pour insultes envers Erdoğan et le gouvernement
Deux cent sept mineurs ont été condamnés en Turquie en 2025 pour avoir insulté le président Recep Tayyip Erdoğan ou le gouvernement, en vertu de lois que les critiques estiment utilisées pour restreindre la liberté d’expression, selon le Stockholm Center for Freedom.
D’après le quotidien BirGün, 309 mineurs ont été poursuivis cette année-là au titre de deux articles du Code pénal turc : l’article 299 (insulte au président) et l’article 301 (insulte à l’État ou à ses institutions), tandis que 152 des 207 mineurs condamnés ont bénéficié de sursis.
Depuis l’adoption d’un système présidentiel en juillet 2018, le nombre d’affaires engagées au titre des articles 299 et 301 n’a cessé d’augmenter, passant de 44 717 en 2020 à 59 780 en 2025. À titre de comparaison, 132 personnes avaient été poursuivies pour insulte au président en 2014, lorsque Erdoğan fut élu président pour la première fois.
En Turquie, des milliers de personnes font chaque année l’objet d’enquêtes, de poursuites ou de condamnations pour insulte au président. Les coupables encourent jusqu’à quatre ans de prison, avec une majoration d’un sixième si l’infraction est commise via les médias.
Cette loi est depuis longtemps critiquée par les défenseurs des droits humains et de la liberté de la presse, qui estiment qu’elle sert à poursuivre des journalistes, des hommes politiques et des citoyens ordinaires pour avoir exprimé des opinions critiques envers le président ou même l’avoir satirisé indirectement.
En 2021, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que la loi devrait être modifiée ou abrogée, affirmant que la protection spéciale accordée au président étouffe le débat public et dissuade toute dissidence. Les organisations internationales de défense des droits humains ont également exhorté à plusieurs reprises le gouvernement turc à réviser cette loi, qu’elles jugent incompatible avec les normes démocratiques et les standards internationaux en matière de liberté d’expression.




