160 Turcs parmi les détenus de l’EIIL transférés de la Syrie vers l’Irak
Parmi les milliers de détenus accusés de liens avec l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) transférés ces dernières semaines du nord-est de la Syrie vers l’Irak dans le cadre d’une opération militaire américaine, figurent 160 ressortissants turcs, selon des chiffres fournis par un responsable sécuritaire irakien.
L’Irak a reçu 5 046 des quelque 7 000 détenus précédemment détenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, a déclaré le responsable irakien à l’Agence France-Presse. Les transferts ont commencé le mois dernier après que les changements de lignes de contrôle en Syrie ont soulevé des questions sur la sécurité des centres de détention gérés par les FDS, une force partenaire des États-Unis qui a mené des opérations terrestres contre l’EIIL.
La répartition communiquée à l’AFP indique que les détenus transférés à ce jour comprennent 3 245 Syriens, 271 Irakiens et 610 ressortissants d’autres pays arabes. On y compte également plus de 900 étrangers originaires d’Europe, d’Asie et d’Australie, dont plus de 130 Russes.
Ces transferts accentuent la pression sur le système carcéral irakien, où les prisons détiennent depuis longtemps un grand nombre de personnes accusées de liens avec l’EIIL. Les tribunaux irakiens ont prononcé des peines de mort et des peines à perpétuité dans des affaires de terrorisme, y compris pour des combattants étrangers, bien que le recours à la peine capitale par l’Irak ait suscité des critiques de la part des organisations de défense des droits humains.
Début février, la justice irakienne a annoncé avoir ouvert des enquêtes sur les détenus transférés de Syrie, sans fournir de répartition par nationalité.
L’EIIL s’était emparé de vastes territoires en Irak et en Syrie en 2014, perpétrant des massacres et enlevant femmes et jeunes filles. L’Irak a déclaré sa victoire sur le groupe en 2017 avec l’aide de la coalition dirigée par les États-Unis. Les FDS ont ensuite capturé le dernier bastion territorial du groupe en Syrie en 2019 et procédé à la détention de milliers de combattants présumés ainsi que de dizaines de milliers de proches dans des camps.
Les États-Unis ont commencé à transférer des détenus de Syrie vers des installations sous contrôle irakien tout en coordonnant avec le gouvernement irakien pour assurer la sécurité des prisonniers. Les autorités américaines ont exhorté les pays à rapatrier leurs ressortissants et à assumer la responsabilité des poursuites et de la détention.




